mis-en-avant

Magnitude de Cartier, entre joaillerie et cosmologie

Créer une nouvelle collection de joaillerie est toujours un pari. Lorsque l’on s’est imposé au fil des décennies par la qualité indépassable des gemmes choisies et la singularité d’un style qui a écrit l’histoire du bijou au XXème siècle, créer une nouvelle collection est littéralement un défi.

La maison Cartier l’a relevé cette année en osant aller là où on ne l’attendait pas : en associant aux gemmes les plus belles et les plus précieuses des pierres ornementales, que leur moindre valeur exclut habituellement des collections de haute joaillerie. Baptisée « Magnitude », la nouvelle collection Cartier bat en brèche les idées reçues, joue avec l’image même de la maison, et propose des appariements audacieux dont la pièce iconique de la collection est l'emblème : un quartz rutile de 68,85 carats poétiquement qualifié de "cheveux de Vénus" en gemmologie.

Collier Aphélie. Or rose, un quartz rutile taille cabochon de 68,85 ct, un diamant rose-brun poire de 0,74 ct, un diamant rose-orangé-brun fancy deep coussin de 1,01 ct, un diamant rose-brun coussin de 0,53 ct, un diamant rose-orangé fancy deep coussin de 0,50 ct, boules de morganite, onyx, diamants taille brillant.

J’ai eu le privilège de contribuer avec François Chaille au livre que les éditions Flammarion consacrent à cette nouvelle collection.

S’y expose la philosophie qui sous-tend cette nouvelle collection. Au-delà du plaisir ludique de jouer avec les contrastes de pierres, Cartier engage une réflexion sur la nature même des pierres gemmes et interroge leurs origines, leur nature profonde, leur signification pour nous. L’histoire des pierres, c’est l’histoire de l’univers. Cartier a choisi des pierres ornementales qui semblent porter la trace des origines de notre monde. Un cahier central dans le livre mentionne les phénomènes qui ont donné naissance aux pierres, témoins de la cosmogonie.

Collier Equinoxe. Or jaune, un saphir jaune octogonal de Ceylan de 15,48 ct, 32 boules de lapis-lazuli pour 411,27 ct, diamants jaune coussin, diamants jaunes, orange et incolores taille brillant.

A l'infiniment grand répond l’infiniment petit des traces laissées au cœur des pierres par le travail de leur genèse. Le geste artistique de Cartier s'inspire de la réflexion de Roger Caillois qui, notamment dans L’Ecriture des pierresrepéra dans les pierres ornementales des paysages, des figures, des histoires, semblant figer un moment de la création. « Presque toujours il s’agit d’une ressemblance inattendue, improbable et pourtant naturelle, qui provoque la fascination », écrivait-il.

 

Bracelet Zemia. Or gris, une opale matrix d'Australie taille cabochon de 77,27 carats, quatre saphirs violets de taille coussin de Madagascar pour 14,39 ct, saphirs carrés et taille cabochon, grenats spessartite taille briolette, diamants taille brillant.
Pendants d'oreilles Zemia. Or gris, deux saphirs ovales violets de Madagascar pour 5,86 ct, saphirs carrés, grenats spessartite taille briolette, diamants taille brillant.

C’est à cette réflexion de Roger Caillois et au lien avec la collection « Magnitude » que j’ai consacré ma contribution, dont voici un bref extrait : « Translucides ou opaques, agates, calcédoines, onyx, jaspes, labradorites, malachites, lapis-lazuli et rhodochrosites forment des exemples de ce « fantastique naturel propre aux peintures et aux sculptures des pierres » que Caillois a longuement approfondies dans Pierres et dans L’Écriture des Pierres, s’interrogeant sur le mimétisme naturel qui rapproche le minéral du végétal, et les astres célestes des profondeurs de la terre. Ces images mystérieusement dessinées par la Nature artiste racontent l’histoire de notre monde : « Je parle des pierres que rien n’altéra jamais que la violence des sévices tectoniques et la lente usure qui commença avec le temps, avec elles », écrivait-il. Roger Caillois s’employa à y déceler un message envoyé par la nature elle-même, livrant la clef d’un lien originel entre le cosmique et le microcosmique, mais aussi entre l’art et la nature. »

Bague Nuée sauvage. Platine, une turquoise Matrix taille cabochon de 33,94 ct, les yeux des deux panthères sont en émeraude, taches en saphirs, truffes et picots en onyx, diamants taille brillant.

La mise en page du livre publié par Flammarion mêle photographies dévoilant la structure intime des pierres, carnets de dessins, photographies de constellations, dans des formats et papiers différents, produisant l’effet d’un livre expérimental, à l’image de cette nouvelle collection, aventureuse et innovante.

Bracelet Mauna. Or gris, une topaze impériale bicolore rectangulaire de 6,39 ct, quartz rutile, saphirs de couleur taille baguette, diamants taille brillant.

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Livre Magnitude, collection Styles et Design, Flammarion
Paru le 13 novembre 2019. 256 pages - 261 x 309 mm

Magnitude, Haute Joaillerie Cartier, Flammarion

Magnitude, Cartier High Jewelry - En langue anglaise, l'ouvrage sera distribué par Rizzoli New York, à compter du 14 avril 2020 

Cartier, dernière collection de haute joaillerie Magnitude

Magnitude de Cartier -fascination et pouvoir des pierres. LUXE.TV

Œuvres, Roger Caillois
Précédé de L'homme qui aimait les pierres par Marguerite Yourcenar, Vie et œuvre par Odile Felgine et d'Itinéraire de Roger Caillois par Dominique Rabourdin
Collection GALLIMARD/Quarto
Parution : 02-05-2008

 

Visuel de "une" : Bague Equinoxe. Or jaune, une boule de lapis-lazuli de 37,10 carats, diamants jaunes coussin, diamants jaunes et incolores taille brillant.

Crédit photos @Flammarion /Cartier

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Pendants d'oreilles Kiruna. Or gris, deux opales noires d'Australie, taille cabochon pour 7,95 ct, émeraudes taille cabochon, lapis-lazuli, diamants taille baguette et brillant.

 


Ronny Totah : quelques trésors historiques de ma collection

Ronny Totah, co-fondateur de GemGenève, nous a confié ses coups de coeur joailliers et artistiques.

Des gemmes

J’ai deux passions dévorantes connues de tous  : les saphirs du Cachemire (non traités) à la couleur incomparable (bleu-bleuet). Et les perles fines.

Crédit photo : David Fraga

Dans les deux cas, ces passions s'enracinent dans le passé… Découverts en 1881, les gisements de Zaskar (à deux cents kilomètres au sud-est de Srinagar) produisant les fameux saphirs du Cachemire sont fermés depuis la fin des années soixante-dix.

Quant aux perles fines, elles sont devenues rarissimes. Le coût et les difficultés inhérentes à la pêche aux perles fines, ainsi que la pollution des mers rendent ces gemmes organiques très difficiles à trouver de nos jours. Les perles que je présente, en rang ou individuelles, sont pour la plupart des perles anciennes. Voire historiques.

Un bijou de provenance impériale

Crédit photo : David Fraga

Cette broche caractéristique de la moitié du XIXème siècle est composée de trois perles fines semi-baroques en forme de goutte d’un poids respectif de 39, 40 et 60 grains, de plusieurs rubis dont un birman de 1,8 ct, et de diamants (Rapport d’identification SSEF). C’est un bijou de provenance historique qui aurait appartenu à l’Impératrice Eugénie (1826-1920).

Lors de la chute du Second Empire, suite à la défaite de Sedan en septembre 1870, l'impératrice a pu s'échapper des Tuileries et s’est réfugiée en Angleterre où de proches amis lui ont fait parvenir clandestinement ses bijoux personnels. Afin d’améliorer les conditions matérielles de l’exil familial, Eugénie décide de mettre en vente certains bijoux de sa cassette personnelle dès janvier 1872. Elle remet alors les bijoux dont elle est prête à se séparer à M. Harry Emanuel (1831-1898), un joaillier renommé de Londres.

Il avait été honoré du titre d’« orfèvre de la Reine et du Prince de Galles » et était l’auteur d’un ouvrage de référence intitulé Diamonds and Precious Stones, 1865.

Crédit photo : Alembic rare books

Un article du New York Times en date du 21 janvier 1872 fournit quelques informations (page 6) sur cette première vente : “The jewels of the Empress Eugenie are for sale. Mr. Harry Emanuel has many of them at his establishment in New Bond-street, and is now offering them to his customers”. Vous pouvez consultez intégralement cet article instructif en cliquant ici.

La broche exposée ici dans l‘intimité d’une vitrine interne (stand Horovitz & Totah) proviendrait de cette première vente des bijoux personnels d’Eugénie par Harry Emanuel. L’écrin est d’ailleurs signé du joaillier londonien. Cette broche est caractéristique du goût personnel d’Eugénie pour les bijoux délicats, romantiques, avec ses perles et diamants qui ruissellent en gouttes. Les bijoux privés de l’Impératrice diffèrent de ceux qu’elle portait lors de représentations officielles. L’Impératrice devait alors apparaître parée des attributs du pouvoir impérial : les Diamants de la couronne de France, dont la facture était bien plus imposante que celle de ses bijoux personnels.

Six mois après la vente d’Harry Emanuel, l’Impératrice déchue se défait d’autres bijoux de sa cassette personnelle. La nouvelle vente est orchestrée par Christie, Manson & Wood le 24 juin 1872 à Londres. Elle est présentée en ces termes :  “A portion of the magnificent jewels, the property of a distinguished personage” et comprend cent-vingt-trois lots.

La vente la plus spectaculaire des joyaux d’Eugénie reste bien entendu celle de mai 1887, lorsque la IIIème République mit en vente publique les Diamant de la Couronne de France. Les plus belles parures d’Eugénie, chefs-d’œuvres de la joaillerie française du XIXème, furent alors dépecées pour la plupart et irrémédiablement dispersées.

La broche d’Eugénie fut ensuite portée par Madame Ernest Raphael. Cette dernière est représentée en 1905 sur un magnifique portrait de John Singer Sargent (1856-1925).  

Portrait of Mrs. Ernest G. Raphael (Flora Cecilia Sassoon) par John Singer Sargent (1856-1925). 1905.. Peinture à l'huile. 163.8 par 114.3 cm. Collection privée

Maître de l’art du portrait à cette époque, John Singer Sargent donne une valeur de document à ce tableau par la précision du décor et des accessoires qu’il dépeint. Notamment la broche. Madame Ernest Raphael, Flora Cecilia Sassoon de son nom de jeune fille, aurait reçu ce bijou de son père, David Reuben Sassoon, qui était un ami du roi Edouard VII. La broche est restée dans la famille jusqu’en 1983.

Ce tableau fut présenté chez Sotheby's le 22 mai 2002 lors de la vente "American paintings". Vous pouvez zoomer sur le bijou -entre autres- en cliquant sur ce lien. Ce portrait figure également dans le catalogue raisonné Sargent Abroad, Figures and Landscapes écrit par Warren Adelson, Donna Janis, Elaine Kilmurray, Richard Ormond, Elizabeth Oustinoff.

Un tableau

J’ai récemment acquis ce portrait de Miss Peggy Hopkins Joyce peint par Raymond Perry Rodgers Neilson (1881-1964). Ce tableau appartenait à mon ami Fred Leighton, le célèbre joaillier new-yorkais décédé en juillet dernier. Il figurait dans la vente de Sotheby's intitulée "The Jeweler’s Eye: The Personal Collection of Fred Leighton".

Peggy Hopkins Joyce (1893-1957) était une starlette des Années folles. Elle dansait au Ziegfeld Follies, et sa vie personnelle défraya la chronique plus d’une fois. Elle connut six mariages et autant de divorces. Peggy collectionnait les amants, les fourrures et les diamants. Avant Marilyn Monroe, elle aurait pu chanter « Diamonds are a girl's best friends » !

Sur le portrait, de R. Perry Rodgers Neilson  elle porte un diamant de 127,01 carats appelé le « Portuguese diamond ». Le nom de ce diamant provient du fait qu’il aurait été extrait au Brésil. Par la suite, il aurait appartenu à la Couronne du Portugal. En réalité, ce diamant provient fort probablement de la mine Premier à Kimberley en Afrique du Sud et aurait été trouvé au début du XXème siècle.

C’est d’ailleurs auprès de la société Joyce Black, Starr & Frost que Peggy Hopkins acquis en février 1928 le « Portuguese diamond ». Elle porte cet incroyable diamant monté sur un tour de cou en platine et serti de diamants. On remarque également ses bracelets et la monture de son solitaire tout aussi caractéristiques des bijoux Art Déco de cette époque.

En 1951, Harry Winston racheta  le « Portuguese diamond » de Peggy Hopkins Joyce. Et, en 1963, l’échangea au Smithsonian contre… 3 800 carats de petits diamants ! Ce diamant se trouve toujours exposé dans la galerie Gem du Musée national d'histoire naturelle de Washington.

 

Crédit photo du visuel de "une" : David Fraga


Influence de l'Inde sur les créations européennes : hier et aujourd'hui

Tout au long de la fin du XIXème siècle et durant les premières décennies du XXème siècle, l'influence de l'Europe sur la joaillerie indienne a été très forte, comme l'attestent les spectaculaires créations occidentales réalisées à l'attention des Maharajahs. Ces commandes ont donné un nouveau souffle à la création européenne. A partir des années 1910, l'exotisme indien devient très à la mode.

Dans ces années-là, les grandes maisons de joaillerie européennes se mettent à leur tour à "interpréter" l'Inde - tout comme l'Inde avait auparavant interprété l'Europe. Les bijoux alors créés reprennent à leur compte les traits décoratifs de la joaillerie indienne traditionnelle : émail, mélange de gemmes multicolores, pierres gravées et superpositions de rang de perles et de pierres montées.

La genèse du goût des Européens pour l'Orient en général et l'Inde en particulier mérite qu'on s'y arrête.

Avers du bracelet 'Tutti Frutti' Bracelet, Cartier. 24–28 April 2020 • Sotheby's • New York

 

 

visuel de "une" : Gem-Set, Diamond and Enamel 'Tutti Frutti' Bracelet, Cartier, estimate $600-800,000. Online Auction: 24–28 April 2020 • Sotheby's • New York. Vendu $1,340,000, ce bracelet détient désormais le record pour un bijou vendu aux enchères en ligne !

 

Le goût oriental à partir de 1910

Turban Ornament or Brooch, ca. 1920, modified ca. 1925–35 Platinum, set with sapphire and diamonds; H. 3 in. (7.5 cm) W. 2 3/8 in. (6 cm) The Metropolitan Museum of Art, New York, The Al Thani Collection (MJ.087) http://www.metmuseum.org/Collections/search-the-collections/458840
Ornement de turban. Inde, vers 1920. Modifié vers 1925-1935. Platine, saphirs, diamants. H. 7,5 cm; l. 6cm. Poids du saphir : 109,5ct @ The Al Thani Collection. Tous droits réservés. Photo Prudence Cuming.

Plusieurs moments-phares jalonnent la naissance en Europe d'un vif intérêt pour ce qui vient de l'Est.

A Paris, à partir de 1909, les Ballets Russes de Serge de Diaghilev connaissent un immense succès. Le public est fasciné, tant par les scènes de danse de Nijinski que par les décors et les costumes réalisés par Léon Bakst, S'ils sont marqués par la culture russe, ces Ballets sont surtout empreints d'un imaginaire oriental très puissant, prenant sa source dans les légendes d'un Orient rêvé. Ce n'est pas la part "occidentale" de la Russie qui s'y manifeste, mais véritablement ce que la Russie doit à l'Orient.

Leon Bakst, projet pour le décor de Shéhérazade,1910 @theredlist.com.

En 1911, le rideau de scène de Shéhérazade, oeuvre du peintre Valentine Serov, ressemble à une miniature persane et dévoile un orient sensuel et coloré où se meuvent des personnages aux costumes chatoyants et couverts de joyaux, évoluant dans un harem éblouissant. La féerie de couleurs qui se dégage du spectacle frappe les esprits artistiques de tout Paris. Cette féerie orientalisante influence profondément les artistes du temps, qui s'intéressent soudainement à la culture orientale, à ses mythes, à ses motifs, à ses couleurs, à ses sonorités.

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Adolph Bolm and Tamara Karsavina in Schéhérazade, no date. Serge Diaghilev/Serge Lifar Collection. http://www.loc.gov/exhibits/ballets-russes/exhibition-items.html#obj10

Le chef de file de la haute-couture de l'avant-guerre, Paul Poiret, est le premier à être envoûté par les Ballets Russes et leur arrière-plan oriental. En ce début de XXe siècle, il a déjà profondément marqué l'évolution de la silhouette féminine en la libérant de l'effroyable corset qu'elle endure depuis plusieurs siècles. Le voici enchanté par l'imaginaire oriental, et imposant aigrettes et pendentifs indo-persans : la mode suit. Les créations indiennes prennent alors une ampleur considérable.

Dans l'univers de la joaillerie, l'influence des Ballets Russes mène à des combinaisons contrastées de couleurs qu'on estime caractéristiques des parures d'Orient. Le vert est associé au bleu, le rouge au le noir, le pourpre au vert vif. Les délicates teintes du style Marie-Antoinette ainsi que le style guirlande jusqu'alors en vogue, sont remplacés comme l'explique Hans Nadelhoffer par "le spectre des combinaisons complémentaires".

Paul Iribe (1883-1935), connu pour ses multiples talents, dessina en 1910 une broche, exécutée par l'orfèvre Robert Linzeler, qui marqua son temps.
Elle se compose d'une importante émeraude colombienne conservée dans la taille hexagonale propre à son habitus (système de cristallisation). La gemme est gravée sur ces deux faces d'un motif floral asymétrique et daterait de la fin de l'Empire Moghol. Tels des rayons de soleil - ou des plumes de paon très stylisées? - des diamants, perles et saphirs montés sur platine jaillissent de l'émeraude. Cette création d'Iribe rappelle l'aigrette indienne portée sur leur turban par les Maharajahs. L'association des couleurs bleue et verte, inusuelle pour l'époque, s'inspire des "plumes de paon", motif que nous avons déjà aperçu, travaillé sur émail, chez Mellerio-dits-Meller (1867) et Boucheron (1870). Quant aux à-plats géométriques, ou bidimensionnels, ils vont devenir très à la mode quelques années plus tard.Ainsi, tout en mettant à l'honneur l'imaginaire oriental, tant dans ses couleurs que dans ses motifs, Paul Iribe anticipait l'Art Déco de plus d'une décennie!

Aigrette Paul Iribe, réalisation Robert Linzeler. Inde 1850-1900 (émeraude); Paris 1910 (monture). Platine, émeraude, saphirs, diamants et perles. H : 9 cm; l : 5,8 cm; D : 1,5 cm. @The Al Thani Collection 2016. Tous droits réservés. Photo Prudence Cuming Associates Ltd.

Paul Iribe, Raymond Bachollet, Daniel Bordet et Anne-Claude Lelieur, Editions Denoël, 1982

 

Cartier : de l'inspiration indienne à l'Art déco

Lorsque Jacques Cartier prend en 1906 la direction de la succursale londonienne de la Maison, il vient de découvrir la culture et l'art des Indes. En 1911, il se rend personnellement en Inde pour y acheter des pierres. Dès cette époque, la maison dispose dans différentes villes de l'Inde d'acheteurs chargés de trouver des gemmes, notamment gravées ou taillées en boule - savoir-faire typiquement indien.

Emerald and diamond clip brooch, Cartier, Paris, 1925, modified 1927
Broche clip composée d'émeraudes et de diamants, d'émail noir et de platine. L'émeraude hexagonale datée de 1700 pèse 88,03 carats, le cabochon central, daté de 1675-1725, a un poids de 15,65 carats. Cartier, Paris, 1925, modifiée en 1927. @ The Al Thani Collection. Tous droits réservés. Photo Prudence Cuming.

A Paris, Cartier verse à son tour dans  l'association du vert et du bleu, qui désormais s'appelle "décor du paon" et s'inspire probablement des bijoux moghols émaillés des XVIIe et XVIIIe siècles que Louis Cartier aimait tant. Ces couleurs dominantes, auxquelles on peut ajouter le mélange noir et rose de l'onyx et du corail (qui lui n'est pas inspiré de l'Inde), deviennent caractéristiques du style Art Déco chez Cartier. Ainsi la relecture de la tradition indienne donne-t-elle le jour à la modernité avancée de l'art européen du bijou.

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Boucle de ceinture composée d'une émeraude centrale de 38,71 carats, de saphirs et diamants montés sur platine. Cartier Paris, 1922. @ The Al Thani Collection. Tous droits réservés. Photo Prudence Cuming.

La mode de cette époque prône la verticalité :  les longs pendentifs ou les sautoirs en boules de couleur s'imposent rapidement comme la ligne par excellence de l'Art déco.

 

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Collier de saphirs et d"émeraudes monté sur platine. Cartier

Saphirs et émeraudes gravées sont ici sertis sans qu'une transition vienne atténuer le choc des couleurs. On retrouve un modèle très proche de ce collier en saphirs et émeraudes, daté de 1924, dans les archives de la maison (page 138, Cartier, H.Nadelhoffer). C'est le collier dit du Baron de Rothschild. Ce collier est passé en vente chez Sotheby's à New-York le 21 avril 2015.

Les pierres précieuses taillées et gravées, avec un souci naturaliste du détail, en forme de feuilles, de fleurs ou de baies donnent naissance au cours des années 1920 dans les ateliers Cartier à des bijoux entièrement composés de fleurs ou de fruits. Ce nouveau style, qui mêle les différentes pierres de couleurs et s'inspire des bijoux perses ou indiens (origines que la maison différencie peu!), deviendra l'un des traits essentiels de l'art joaillier de Cartier. C'est seulement vers 1970, qu'il sera baptisé le style « Tutti frutti ».

FROM THE COLLECTION OF EVELYN H. LAUDER SOLD TO BENEFIT THE BREAST CANCER RESEARCH FOUNDATION An Iconic Platinum, Colored Stone, Diamond and Enamel 'Tutti Frutti' Bracelet, Cartier 1928,New York Estimate 750,000 — 1,000,000 USD LOT SOLD. 2,165,000 USD. Vente Sotheby's "Magnificent Jewels", New-York, 1 décembre 2014.
Détail du bracelet ci-dessus

Créés par Cartier dans l'entre-deux-guerres, ces deux colliers figurant aujourd'hui dans les collections nationales de la "Gem Gallery" de la Smithsonian Institution témoignent de l'influence de la joaillerie traditionnelle indienne sur la création joaillière européenne. Ces colliers sont composés de boules d'émeraude, dont la valeur - à qualité égale -  était alors supérieure à celle du rubis : d'où leur très haute valeur.

Le "Post emerald necklace" 

Catalogue number G5023, the Post emerald necklace. The necklace exhibits 24 baroque-cut emeralds and matching emerald beads set in a platinum and pave diamond necklace designed by Cartier, Inc., in 1928 to 1929. The necklace combines elements of both the Art Deco style and popular Indian influences of the period. The necklace was donated to the Smithsonian Institution National Museum of Natural History by Mrs. Marjorie Merriweather Post in 1964. Image file previously labeled Disc 3 EmrldSaphRuby 004.
Collier "Post emerald necklace" composé de 24 émeraudes de taille baroque surmontées chacune d'une plus petite d'émeraude, serti sur diamants et platine. 95-40473 Post Emerald Necklace, catalog number G5023. Chip Clark, Smithsonian

Créé par Cartier, entre 1928 et 1929, le collier "Post emerald necklace" mélange le style Art Déco et les influences indiennes. Il est typique de la manière de Cartier dans ces années-là. Il a été offert à la "Gem Gallery" par Mme Marjorie Merriweather Post en 1964.

Le "Mackay emerald necklace"

Catalogue number G9775, the Mackay emerald necklace. The Mackay emerald, with a weight of 167.97 carats, was mined in Muzo, Columbia, and is the National Gem Collection's largest cut emerald. The emerald is set in a pendant-style platinum necklace, accented by an additional 35 emeralds and 2,191 diamonds. Designed by Cartier, Inc., in the Art Deco style, the necklace was a wedding present from Clarence Mackay to his wife Anna Case in 1931. Mrs. Anna Case Mackay donated the necklace to the Smithsonian Institution National Museum of Natural History in 1984. Image file previously labeled Disc 3 EmrldSaphRuby 034.
Collier d'émeraudes "Mackay". 95-40539 Mackay Emerald Necklace. catalog number G9775. Chip Clark, Smithsonian

Sur cet autre collier caractéristique de la conciliation par Cartier des racines indiennes et de l'art moderne, l'émeraude centrale de 167,97 carats provient des mines mythiques de Muzo en Colombie. C'est la plus grande émeraude figurant dans la prestigieuse collection de la "Gem Gallery". L'émeraude est sertie dans un pendentif en platine auquel s'ajoutent 35 émeraudes et 2191 diamants. Conçu par Cartier dans le style Art Déco, le collier était un cadeau de mariage de Clarence Mackay à sa femme Anna Case en 1931. Madame Anna Case Mackay a fait don du collier à la Smithsonian Institution en 1984.

Le 15 août 1947, l'indépendance de l'Inde est proclamée. L'âge d'or des Maharajahs touche à sa fin. S'ils conservent leurs titres, leurs richesses personnelles et leurs propriétés privés, les princes indiens sont privés de leur pouvoir et bénéficient désormais d'une rente à vie proportionnelle à leur rang (une "privy purse"),  bien inférieure aux impôts que leur payaient leurs sujets. De nombreux Maharajahs mettent alors en vente des bijoux, des pierres, des parures entières. Pour cela, ils  recourent souvent aux joailliers qui avaient créé ces montures.

Le coup de grâce intervient en 1972, lorsque Indira Ganghi décrète la suppression de ces rentes et l'abolition des privilèges royaux. Par surcroît, le gouvernement établit des impôts et met en place des droits de succession de 50% au décès de chaque Maharajah.

Le "Spanish Inquisition necklace", collier qui appartenaiit au Maharajah d'Indore et qui fut racheté à son fils par Harry Winston en 1948, illustre la nouvelle réalité économique et politique à laquelle sont confrontés les princes indiens. Une époque s'achève et avec elle un âge d'or de la création joaillière.

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Collier dit de l "Inquisition espagnole". 95-40466 Maharaja of Indore Necklace, catalog number G5113. Chip Clark, Smithsonian.

 

 

 

 

 


Deux maîtres de la joaillerie contemporaine influencés par l'Inde : JAR et Viren Bhagat 

L'influence de la joaillerie traditionnelle indienne se perpétue dans la création joaillière contemporaine. Cela est vrai dans les grandes maisons de joaillerie comme Boucheron mais plus encore chez les maîtres joailliers contemporains. Au premier rang figurent Joël Arthur Rosenthal, connu sous son acronyme JAR, basé à Paris et Viren Bhagat, créateur basé à Mumbai Ces deux virtuoses ne créent que des pièces uniques, avec un sens de la couleur inégalé et en utilisant les plus belles gemmes qui soient - autant avouer que j'en suis inconditionnelle. Là s'arrête la ressemblance : leur style est différent.

Toutes les pièces suivantes puisent à la source des traditions artistiques du sous-continent indiennes. Ces traditions complexes sont réinterprétées dans un langage tout à fait moderne. Pièces éminentes de la collection du Cheikh Al Thani, voici deux broches de JAR qui illustrent parfaitement son art de la technique du pavage et de la juxtaposition des pierres.

JAR Jabot or Cliquet Brooch, 2013 Silver and gold, set with emeralds, diamonds, pearls, and rubies; H. 7 3/4 in. (19.7 cm) W. 1 1/4 in. (3 cm); emeralds: 33.24 ct, 27.88 ct, 27.34 ct The Metropolitan Museum of Art, New York, The Al Thani Collection (MJ.134) http://www.metmuseum.org/Collections/search-the-collections/458932
Epingle à jabot ou broche cliquet. JAR Paris, 2013. Émeraudes, diamants, perles, rubis, or. H. 19,7cm.; l. 3 cm. Poids des émeraudes : 33,3ct, 27,9ct, 27,34ct. @ The Al Thani Collection. Tous droits réservés. Photo Prudence Cuming.

La broche suivante rappelle l'architecture moghole et les fenêtres des palais du Rajasthan permettant aux femmes du harem vivant en "purdah" (littéralement le rideau) de regarder à l'extérieur sans être vues. Le dos de la broche, en or jaune ajouré est d'une réalisation très fine, semblable aux filigranes d’orfèvre ou aux dentelles de pierre.

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Broche composée d'une émeraude octogonale de 35,36 carats, pavage de diamants et de rubis sur tout le pourtour, agate blanche et cristal de roche. H. 6,2 cm; l. 4,9cm; ép. 0,9 cm. JAR, Paris, 2002. @ The Al Thani Collection. Tous droits réservés. Photo Prudence Cuming.

Viren Bhagat s'inspire dans ses créations joaillières de l'art moghol des XVI et XVIIème siècles ainsi que du style Cartier des années 1920. Son travail fait écho à des temps passés qu'il réinterprète de façon résolument contemporaine. Son leitmotiv est que les bijoux sont des œuvres d'art."I see jewels as art objects".

Le Victoria & Albert Museum a réalisé une brève interview de ce grand joaillier que je vous recommande vivement.

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Viren Bhagat.

La broche "fleur moghole" sur la gauche de la photo est composée d'un cabochon de saphir de Ceylan de 44,99 carats serti de pétales de diamants. Aujourd'hui elle fait partie de la Collection Al Thani.

Pair of Bangles (kada) by Bhagat, 2012 Platinum, set with diamonds and pearls; Each: Diam. 3 3/8 in. (8.6 cm) The Metropolitan Museum of Art, New York, The Al Thani Collection (MJ.080) http://www.metmuseum.org/Collections/search-the-collections/458833
Paire de bracelets, Bhagat, Mumbai 2012. Perles fines anciennes, diamants, platine. D. 8,6 cm chaque. @ The Al Thani Collection. Tous droits réservés. Photo Prudence Cuming.

Cette paire de bracelets est une transposition des bracelets indiens faits en boutons de fleurs de jasmin, motif floral que les joailliers indiens interprètent depuis plusieurs siècles.

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Broche pendentif, Bhagat, Mumbai, 2011. Diamants, rubis, platine. Le diamant central a un poids de 10ct. H. 18,1 cm; l.6,4 cm.@ The Al Thani Collection. Tous droits réservés. Photo Prudence Cuming.

Le diamant central de cette broche est un diamant ancien, qui pesait à l'origine 18 carats et qui provient des mines de Golconde. En raison d'une inclusion importante, il a été retaillé en une pierre de 10,03 carats. Il est certifié "internally flawless" (sans défaut), de couleur D et appartient au type IIa : c'est une merveille! Il est serti de rubis birmans et entouré avec une extrême précision d'une corolle de diamants plats dont certains ont une épaisseur inférieure à un millimètre. Les influences de cette pièce sont multiples : les couleurs rappellent l'Art Déco, le motif puise dans les dessins de l'Inde Moghole et la broche rappelle les bijoux portés par les Maharajahs sur les côtés de leur turban. Ce bijou est néanmoins très personnel et caractéristique du style de Bhagat.

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Paire de boucles d'oreilles, Bhagat, Mumbai, 2012. H. 5cm; l.2 cm chacune. Poids des diamants : 14ct; poids des perles goutte : 14,271ct, 13ct, 6,525ct, 6,299ct, 6,164ct. @ The Al Thani Collection. Tous droits réservés. Photo Prudence Cuming.

Les perles de cette paire de boucles d'oreilles sont parfaitement assorties quant à leur taille, forme, couleur et lustre. Elles rappellent les boucles d'oreilles que portait la belle Maharani Indira Devi de Cooch Behar et qui figurent dans un portrait d'elle des années 1930.

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Broche florale composée d'émeraudes, de diamants et perles. Collection Bhagat.
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Broche Bhagat, Mumbai, 2014. Diamants, perles, platine. Pendentif : H. 9,3cm; l. 4cm. Poids des diamants 31,4 carats. Le diamant central pèse 13 carats. Poids des perles : 40 ct dont une perle goutte de 15,4 ct. @ The Al Thani Collection. Tous droits réservés. Photo Prudence Cuming.

 

Indian Jewelers Put Their Work on World Stage, par G. Rangachari Shah Shah. The New York Times, 19 mars 2012

 

L'Inde selon Boucheron : la Collection Bleu de Jodhpur

En 2015, la maison Boucheron a renoué avec sa riche histoire d'échanges avec l'Inde en créant une collection intitulée "Bleu de Jodhpur" réalisée sous le haut patronage du Maharajah de Jodhpur, son Altesse Gajsingh II.

Jodhpur, la "ville bleue " est la deuxième ville de l’État du Rajasthan, derrière la capitale Jaipur, sa rivale. Elle fut fondée en 1459 en bordure du désert du Thar par le prince Rao Jodha, dont descend l'actuel Maharajah. Gajsingh II est devenu Maharajah cinq ans après qu'eut été proclamée l'Indépendance de L'Inde. Il avait  alors quatre ans. Malgré la suppression en 1972 des pensions nobiliaires et donc des privilèges (il bénéficiait jusqu'alors d'une allocation de 125 000$ par an) il a su rester un Maharajah éminent, figurant parmi les cinquante personnalités les plus puissantes de l'Inde. Comme nombre de ses pairs, il a converti une partie de son extraordinaire palais Umaid Bhawan en un sublime hôtel de luxe.

Forts de ce patronage, les ateliers Boucheron ont réalisé une centaine de dessins et créé une soixantaine de pièces de haute-joaillerie serties de nouveaux matériaux suggérés par le Maharajah lui-même. Ces pièces sont spectaculaires et confère au style indien traditionnel une vigueur et une beauté nouvelles.

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Gouache du collier "Nagaur" de sept rangs qui sera composé de perles du Japon, de petits cylindres pavés de diamants et d'un anneau de diamants qui unit le plastron à son motif central.

Claire Choisne, directrice des créations Boucheron, s'est inspirée des formes traditionnelle de la joaillerie indienne. Le collier "Nagaur"  (ci-dessus) se réfère aux colliers de cérémonie que portaient autrefois les Maharajahs comme signe absolu de leur pouvoir et de leur gloire. Les perles et les diamants sont typiques des bijoux indiens et sont ici rehaussés par l'ajout de matériaux rares tels que le sable et le marbre - dans une optique novatrice où s'associent Histoire et modernité, tradition et créativité, références géographiques et poésie.

Ce collier doit son nom à la ville forteresse de Nagaur située au milieu du désert du Thar. Le motif central est en cristal de roche et représente les contours du fort d'Ahhichatragarh. Le sable du désert du Thar, envoyé par le Maharajah lui-même, est emprisonné dans le quartz. Quant au diamant coussin central de 2 carats, il symbolise un bassin d'eau qui se trouve au milieu du désert.

 

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Collier "Nagaur" en perles de culture du Japon, avec un motif central en cristal de roche et sable du désert du Thar, serti de diamants sur or blanc.

Ce collier peut se porter de plusieurs façons ; avec ou sans son pendant et avec ou sans pompon.

La maison Boucheron a pour cette collection fait usage d'un matériau utilisé pour la première fois en joaillerie : le marbre blanc le plus recherché au monde, celui de Makrana qui a servi à la construction du Taj-mahal. Inspiré de l'oiseau national de l'Inde et faisant aussi référence au collier point d'interrogation créé en 1889 par Frédéric Boucheron, le collier "Plume de Paon" relève le défi de la légèreté alors même qu'il est fait d'une marqueterie de marbre de Makrana et de diamants.

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Collier Plume de Paon serti de marbre et de diamants et monté sur or blanc.

Autre pièce d'exception de cette collection : le collier Jodhpur, premier collier de haute-joaillerie réversible conçu comme un hommage aux traditionnelles parures mogholes et indiennes.

Le motif central du collier est sculpté en forme de cerf-volant et contient en son centre un diamant de 6,01 carats dont la transparence et l'éclat contrastent avec la douce opacité du marbre blanc. Le motif du cerf-volant se répète en différents formats sur le pourtour du collier. Deux pampilles bicolores, en saphirs et diamants rompent la symétrie des 23 pièces de marbres.

Sur l'envers du collier, une succession de saphirs et diamants scintillent, offrant une allusion radieuse aux façades bleues des maisons de Jodhur sous un soleil éclatant.

 

Collier Jodhpur (1)
Collier Jodhpur serti d'un diamant de 6,01 carats, de marbre, de cristal de roche.
Collier Jodhpur (2)
Recto du collier Jodhpur pavé de saphirs et diamants. Monture en or blanc.

Enfin, la broche "Mehndi" - qui peut aussi se porter en collier - est inspirée des peintures au henné dont les femmes rajpoutes se parent la veille de leur mariage. Composée de diamants de différentes tailles, les motifs ajourés ont été travaillés comme une broderie de diamants.

 

Broche Mehndi
Broche Mehndi, pavée de diamants sur or blanc.

Boucheron, 26 Place Vendôme. 75001 Paris. Tel : +33 1 42 61 58 fr.boucheron.com

The fall and  rise of a modern Maharaja, Smithsonianmag, 21 janvier 2016.

 

Tous les visuels de cet article proviennent de la maison Boucheron


Un site consacré à l’histoire du bijou, aux grandes figures de la création joaillière et au marché du bijou.

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