Lacloche joailliers : une brillante histoire enfin tirée de l’oubli

[section_title title= »Le goût Lacloche : un hymne au monde des ateliers parisiens »]

L’usage, on le sait, n’était pas, à l’époque, de se reposer sur un atelier de création interne, mais de faire appel aux très nombreux ateliers que comptait alors Paris.

Bournadet, Chenu, Hatot, Helluin-Mattlinger, Langlois, Lenfant, Pery, Rubel frères, Verger etc… Laurence Mouillefarine et Véronique Ristelhueber mentionnent explicitement dans leur livre les vingt-cinq ateliers qui ont travaillé pour les Frères Lacloche (et dont le nom figurait sur les vitrines de l’Exposition de 1925, Dumont par exemple) : beaucoup ont disparu, d’autres existent encore. A travers l’histoire des Frères Lacloche, c’est un peu l’histoire de ce Paris des ateliers qui est contée par les deux auteurs. C’est aussi un moment de l’histoire du goût joaillier : le génie des Frères Lacloche ne fut pas celui de l’inventivité joaillière, mais celui du choix éclairé, de l’œil, et finalement de l’exigence. C’est pourquoi, dans cette période, les bijoux Lacloche se caractérisent tous par un très grand raffinement technique. Les bijoux Lacloche sont une célébration constante des savoir-faire les plus pointus et les plus rares des ateliers parisiens. Ils sont un hymne à un art disparu.

Broche japonaise. Vers 1925. Platine, or, émail, diamants, rubis et onyx.
1952, don de la reine Mary d’Angleterre à Angela Lascelles.
3.6 x 5.2 x 0.6 cm. William Francis Warden Fund. @Museum of fine arts Boston
Bracelet Lacloche Frères en diamants, onyx et rubis taillés en cabochons, 1925. LA Collection privée.© 2019 Christie’s Images Limited. Ce bracelet est présenté dans l’exposition de l’Ecole des arts joailliers.
Planche LXXXIV. NÉCESSAIRES, COLLIER ET PENDENTIF, par LACLOCHE FRÈRES (pl.84) Rapport général. Section artistique et technique Volume IX, Parure (Classes 20 à 24)
Pendentif « broderie de joaillerie » en platine et diamants vers 1915. Muni d’une barrette le bijou peut également se porter en broche. Regine Giroud AG Juwelen, Zurich.

Toutefois, dans ce “goût Lacloche”, on repère aussi les inévitables concessions aux goûts du temps, en particulier l’attirance bien connue pour les pays exotiques, en particulier pour l’Asie : Chine et Japon. Là encore, les Frères Lacloche ne se distinguent pas par l’originalité des objets, mais par l’exigence technique : le degré de sophistication et de précision des bijoux répondant à ce goût pour l’Asie nous vaut des pièces de premier ordre.

Etui à cartes de visite en platine, cristal de roche, lapis-lazuli, émail noir et diamants. 1923-1924. Collection Kashmira Bulsara, soeur de Freddie Mercury. @smh.com.au. Cet étui est présenté dans la galerie des bijoux du Victoria & Albert museum.
NECESSAIRE DE BEAUTE en ambre, onyx, émail, diamants, améthystes et perles. Vers 1925. @ Christie’s, Lot 457, Milan Jewels. Milan, Palazzo Clerici. 24 – 25 November 2011. Ce nécessaire figure aujourd’hui dans la précieuse collection du musée Liang Yi à Hong Kong.

 

Montre de revers en or, platine, émail, diamants et perles, Lacloche Frères, France, vers 1925. Anciennement dans la collection de Beatrice Rollins Dournevo, Princess Adoievsky. @Sotheby’s, lot 296, important jewels. New York, 20 septembre 2011.
Etui à rouge à lèvres en  émail, perles et diamants Lacloche frères, 1925 @ Sotheby’s. Vente Important jewels antique and contemporary, lot 240. 22 juillet 2008, Londres.
Boîte Art Déco en émail et diamant, Lacloche Frères, 1925 © Christie’s