Les Seventies sont de retour

Par Violaine Bigot

Les ventes « Magnificent Jewels » des maisons Christie’s et Sotheby’s à Genève sont toujours l’occasion d’admirer les dernières merveilles mises sur le marché. Pierres de couleur et diamants rares, pièces historiques, haute joaillerie et bijoux de charme s’exposent aux yeux des collectionneurs, marchands, amateurs et admirateurs. Ces expositions permettent également d’observer les évolutions de l’offre et de la demande et ainsi de percevoir les nouvelles tendances et périodes les plus prisées. Cette année, aux vues des pièces exposées, il semblerait que les années 70 bénéficient d’un retour en grâce.

Christie’s, lot 48 : Sautoir transformable en or jaune et diamants par Boucheron, années 70. 14-18 000 $ vendu à 15 300 $.

Couleurs vives, volume important, or jaune omniprésent sont autant d’éléments qui ont conduit cette période à l’oubli, tant le goût s’en est rapidement perdu. Il fallut plusieurs années pour que ces mêmes caractères séduisent à nouveau le marché.

[section_title title= »La liberté créative des années 70″]

La liberté créative des années 70

En continuité avec la vague d’émancipation des années 60, les années 70 sont marquées par une extraordinaire liberté créative. Encore influencé par le Pop Art, le mobilier revêt des formes organiques, privilégiant les rondeurs et le confort, alliant des matières synthétiques aux matières nobles dans un assemblage de couleurs vives. La mode est aux blouses fluides, aux pantalons patte d’éléphant et aux cafetans, le tout coloré par des motifs inspirés de la nature et l’orient.

En tant qu’art décoratif, la joaillerie se fait écho de l’évolution des mœurs. Le sautoir est privilégié par rapport aux colliers courts pour orner les tuniques; les femmes osent porter des bijoux aux couleurs et aux volumes audacieux. Cette époque caractérisée par le « big and bold » permet aux joailliers de faire preuve d’une ingéniosité, associant les matières et innovant sans cesse pour offrir une diversité de styles.

Les maisons établies perpétuent la tradition joaillière en concevant des pièces somptueuses qui manifestent un intérêt certain pour la diversité et la qualité des gemmes. Les pierres précieuses traditionnelles conservent une place de choix mais se voient assemblées avec des matières novatrices telles que cristal de roche, chrysoprase, œil de tigre… L’époque est encore à la parure : dans une unité de dessin et de couleurs, les femmes aisées se parent d’un collier, de boucles d’oreilles, de bracelets et de bagues.

En parallèle à la haute joaillerie, les maisons répondent à une demande pour des bijoux plus accessibles et d’un usage quotidien. Des boutiques fleurissent à partir de la fin des années 60 dans lesquelles les vitrines offrent un choix de bijoux variant au gré des saisons pour refléter les formes et couleurs en vogue. Les vendeuses font leur apparition : habillées d’un uniforme, elles renseignent cette clientèle plus jeune et décontractée. Dès 1954 Van Cleef & Arpels pressent ces nouveaux besoins et crée une ligne de boutiques qui rencontrent un grand succès à partir des années 60. Cartier crée le « Must de Cartier », une collection constituée de montres et bijoux abordables soutenue par un judicieux marketing. En 1969, Chaumet inaugure à son tour sa première boutique « L’Arcade » à droite du magasin de joaillerie.

Une édition de 1973 du magazine Marie France commente ces nouveaux lieux : « Vous pouvez en franchir le seuil, vous promener parmi les vitrines, les prix sont affichés et une hôtesse, jolie et souriante comme il se doit, est là pour vous renseigner et vous montrer les bijoux. […] cela créé une ambiance détendue, jeune et agréable. »

 

Bracelet Cartier « Clou », 1971, en or jaune. 6.90 x 7.48 cm. Cartier New York.

 

Ces années sont donc déterminantes pour les grandes maisons. Inspiré par le courant minimaliste, Aldo Cipulo chez Cartier lance son bracelet « Love » en 1969 ainsi que la ligne « Clou » en 1971.

Au même moment, Van Cleef & Arpels fait entrer dans son répertoire le fameux motif Alhambra en créant son premier sautoir tout en or jaune.

Sautoir Alhambra or jaune et corail, 1976 collection privée Van Cleef Arpels

Ces années sont aussi celles des bagues « Philippines » ornées d’un choix infini de pierres dures aux couleurs chatoyantes. La richesse de cette décennie est telle que la maison Van Cleef a organisé en ce début d’année une exposition dédiée aux années 70. Dans la boutique de la place Vendôme, nous pouvions admirer environ soixante-dix pièces issues de la collection privée de la maison, reflétant l’extraordinaire créativité et les associations de matières de l’époque.

Sautoir Byzance 1972 collection privée Van Cleef Arpels

 

[section_title title= »Jean Schlumberger »]

Jean Schlumberger

Jean Schlumberger (1907-1987) débuta sa carrière auprès de la couturière Elsa Schiaparelli en créant des boutons et des bijoux fantaisie. Dès ses premières créations, il fait preuve d’une riche inventivité, travaillant à partir d’éléments divers trouvés sur des marchés aux puces. En 1956, il prend la tête d’un département indépendant chez Tiffany. Il insuffle alors un nouvel élan à la joaillerie, abordant de nouveaux sujets à l’aide de techniques nouvelles. S’inspirant de ses voyages en Asie mais également de la faune et de la flore, avec une prédilection pour les sujets marins, Schlumberger produit avec une liberté qui le place au-delà des modes. Certaines de ses créations sont ainsi exposées à la galerie des Arts décoratifs tandis qu’une rétrospective lui fut accordée au Virgina Museum of Fine Arts de Richmond (USA) en 2011-2012.

Son succès se vérifie également sur le marché puisque la vente de Sotheby’s s’ouvrait sur sept pièces signées par Schlumberger des années 60 et 70, tandis que huit autres objets ou bijoux du joaillier étaient dispersés dans la vente. Parmi ces lots se trouvent les fameux bracelets émaillés particulièrement prisés par Jackie Kennedy.

 

Sotheby’s, lot 4 : bracelet Schlumberger pour Tiffany en or jaune et émail. 12 500-18 500 $ vendu 18 800 $.

Avec ces bracelets « Croisillon », Schlumberger remet à l’honneur et sublime la technique traditionnelle de l’émail paillonné. En plaçant une feuille de métal entre deux couches d’émail, Schlumberger apporte à ses bijoux un superbe jeu de lumière et de miroitement. Les couleurs vives, la transparence de la matière, les courbures généreuses font de ces créations des pièces emblématiques des années 60 et 70 fabriquées encore de nos jours dans les ateliers Tiffany.

Ce travail caractéristique de l’émail se retrouve dans plusieurs de ses pièces, notamment sur ses sujets animaliers tels que la broche « Perroquet ».

Sotheby’s, lot 169 : Broche « Perroquet » par Schlumberger pour Tiffany & Co, vers 1970, or jaune, émail, corail, onyx, aigue marine et rubis. 20-30 000 $ vendue 35 200 $

 

La lumière douce et mouvante de l’émail tranche avec la matière cristalline de l’aigue-marine tandis que le dessin souligné à l’or jaune met en valeur les assemblages de couleurs. Ce style inspira plusieurs joailliers au cours des années 70 tels que David Webb.

Sotheby’s, lot 168 : Bracelet par David Webb, vers 1970, or jaune, émail et diamants. 8-12 000 $ vendu 12 000 $

Nous retrouvons dans ce bracelet en émail et diamants de David Webb les lignes courbes, les jeux de matières et de lumières ainsi que l’univers végétal des bijoux de Schlumberger.

Le génie de Jean Schlumberger ne s’arrête pas à son travail de l’émail. Ses créations des années 70 sont également caractérisées par un mélange audacieux de couleurs et de formes en utilisant une large variété de pierres. Améthystes, péridots, saphirs de couleur, corail et tourmalines sont sertis en associations rares pour offrir des contrastes harmonieux et une certaine asymétrie des détails. Une boîte présentée par Sotheby’s est en cela intéressante à observer. Faite en or jaune et émail crème, elle est sertie d’une kunzite de 300,55 carats. La forme géométrique et dynamique dessinée par l’or jaune contraste avec les rondeurs de la pierre tout en mettant en valeur sa couleur. L’œil se perd dans ce jeu de miroir où les lignes d’or font écho aux facettes.

Sotheby’s, lot 2 : Boite par Schlumberger, or jaune, émail et kunzite de 300,55 carats. 15-25 000 $ vendue 75 400 $

 

[section_title title= »L’âge d’or… de l’or jaune »]

L’âge d’or… de l’or jaune

Christie’s, lot 107 : parure Van Cleef & Arpels, vers 1970, or jaune et diamants comprenant sautoir transformable, broche, boucles d’oreilles, bague. 20 000 – 30 000 $ vendu 63 700 $

La joaillerie des années 70 est notamment reconnaissable à l’utilisation quasi exclusive de l’or jaune. Les périodes de guerre et d’après-guerre avaient vu l’or rose faire une entrée en force. Outre qu’il correspondait à une mode, cet engouement tenait également au fait qu’il fallait réemployer le métal des clients pour pallier au manque d’approvisionnement. Mais dès les années 60, l’or jaune supplante l’or rose. Avec sa couleur puissante, l’or jaune attire le regard et offre des jeux de lumière qui inspirent les joailliers. Métal le plus malléable et ductile de tous, il permet aux créateurs des années 70 de laisser libre cours à leur imagination et d’explorer toutes les possibilités offertes par ce médium.

Christie’s, lot 107 : parure Van Cleef & Arpels, vers 1970, or jaune et diamants comprenant sautoir transformable, broche, boucles d’oreilles, bague. 20 000 – 30 000 $ vendu 63 700 $

L’or jaune est alors travaillé comme jamais auparavant : torsadé, granulé, froissé, martelé, ciselé, oxydé… L’or devient un langage, il revêt différentes textures, se meut en un fil, un ruban, un tissu pour répondre aux jeux de matières exprimés dans la mode. Bien plus qu’une simple structure pour le bijou, l’or en dessine la pièce, lui donne sa forme, son caractère. Par sa couleur jaune, il souligne et met en valeur les volumes tout en donnant une harmonie d’ensemble.

 

Sotheby’s, lot 277 : parure Van Cleef & Arpels, vers 1970, or jaune et diamants comprenant sautoir transformable, boucle de ceinture, boucles d’oreilles. 35 – 55 000 $ vendu 94 250 $

Cet engouement pour l’or jaune s’explique également par la tendance ethnique présente dans la joaillerie des années 70. La récession de cette décennie tempère l’exubérance des années 60 : l’époque est à l’ouverture culturelle et le monde occidental se tourne vers d’autres cultures. La mode et la joaillerie se mettent à la recherche d’inspirations ethniques. Si l’influence de la joaillerie indienne est ancienne, les années 70 permettent un nouvel élan et la découverte de nouveaux codes. Les dessins des prestigieuses maisons ne peuvent dissimuler un parfum venu d’Orient : l’association des diamants et de l’or jaune est révélateur de cette influence. Dans la joaillerie occidentale, le diamant est traditionnellement associé à un métal blanc : argent, platine ou or blanc, afin de mettre en valeur la blancheur de la pierre. Mais en l’associant à l’or jaune, la lumière vive du diamant relève la couleur chaude de l’or tout en offrant ce fameux contraste de matières tant recherché.

Sotheby’s, lot 154 : demie-parure par Louis Gérard, vers 1970, or jaune et diamants comprenant un collier et une paire de boucles d’oreilles. 25-35 000 $ vendue 37 700 $

L’ouverture culturelle propre aux années 70 permet également de se tourner vers d’autres époques. En s’inspirant des bijoux anciens, la maison italienne Buccellati rencontre un vif succès. En véritable orfèvre, Buccellati puise aux meilleures sources de la tradition artistique italienne, de la dentelle de Burano à l’orfèvrerie romaine en opus interrasile, pour redonner vie aux techniques anciennes de ciselage, martelage et nielle. Ces nouvelles sources d’inspiration permettent également de s’ouvrir à des matières oubliées.

Sotheby’s, lot 187 : sautoir transformable par M. Gérard, or jaune, diamants, saphir et cristal de roche. 60-100 000 $ vendu 75 400 $

Le joaillier Louis Gérard prend le parti d’assembler l’or au cristal de roche, matière phare des XVIe et XVIIe siècles. Ancien joaillier de Van Cleef & Arpels, il fonde la maison M. Gérard en 1968. Inspiré par la tradition d’hier mais adoptant des lignes modernes, il taille, sculpte et grave le cristal en l’associant à l’or jaune, aux diamants et à des pierres de couleur de grande qualité. Si le cristal fut redécouvert dès les années 1925, il était alors utilisé pour donner aux bijoux une ligne géométrique. Loin des formes épurées de l’Art Déco, le cristal de roche adopte dans les années 70 un mouvement fluide, floral, tout en rondeur et souplesse. Sous les mains de Louis Gérard, il peut être poli pour montrer sa pureté ou sablé pour dévoiler sa blancheur. Sa transparence et sa limpidité tranchent avec la chaleur de l’or jaune et la lumière vive du diamant.

Détail. Sotheby’s, lot 187 : sautoir transformable par M. Gérard, or jaune, diamants, saphir et cristal de roche. 60-100 000 $ vendu 75 400 $

Par cette effervescence et cette vague créative, les années 70 permettent à certaines maisons de renouveler leur répertoire et de connaître un second souffle. C’est le cas de la maison Chaumet : surnommée dans les années 60 la « Belle au bois dormant », celle-ci s’offre un nouveau regard à travers le talent et l’imagination du dessinateur René Morin engagé en 1962. Formé dans les ateliers de la bijouterie parisienne Murat, il se passionne pour le traitement des matériaux et l’art des métaux, un intérêt qui le mène à inventer en 1968-1969 le concept de l’or sauvage : l’or est travaillé mat ou poli vif afin de lui donner un rendu naturel, brut. Associé à des pierres de couleurs gravées et aux diamants, l’inspiration indienne est manifeste. Le succès de ces pièces ne se fait pas attendre : colliers, bagues, bracelets ou parures en or sauvage sont vendus à la boutique de la place Vendôme.

Christie’s Paris, lot 41: Parure Chaumet, vers 1970, or jaune sauvage, saphirs gravés, émeraudes et diamants comprenant collier transformable, bracelet, boucles d’oreilles, bague. 18-22 000 €

[section_title title= »Le triomphe de la couleur »]

Le triomphe de la couleur

La joaillerie des années 70 se caractérise également par la richesse des couleurs proposées. Sortant de l’éternelle triade rouge-bleu-vert, les joailliers s’aventurent vers une palette audacieuse, s’ouvrent à de nouvelles et insolites combinaisons. Les pierres sont choisies pour leur effet chromatique et optique plus que pour leur valeur intrinsèque. L’or jaune s’associe alors à des matières opaques ou translucides, colorées et lumineuses telles que turquoise, jade, lapis lazuli, œil de tigre, cornaline…

Christie’s, lot 186 : broche Cartier, vers 1970, or jaune, diamant, œil de tigre. 20-30 0000 $ vendue 40 000 $

Cet emploi des pierres de couleurs trouve son origine dans plusieurs facteurs. L’utilisation d’une grande variété de gemmes permet aux joailliers d’offrir des contrastes intéressants de couleurs et de matières qui répondent aux nuances de tissus employés par les couturiers de l’époque. L’esprit ethnique, l’influence des arts africains et amérindiens impliquent une forte inspiration de la nature qui amène l’utilisation de matériaux naturels tels que l’ivoire, le bois, l’os, mais également le corail qui devient une des matières phares de l’époque. Le corail rouge « écume de sang » et « fleur de sang » ainsi que le corail rose dit « peau d’ange » sont sertis sur un grand nombre de sautoirs, bagues, bracelets et autres bijoux. Les pièces en corail des années 70 sont encore aujourd’hui particulièrement recherchées, d’autant que les sources de corail se raréfient et son commerce est limité par les réglementations CITES.

Sotheby’s, lot 159 : suite de bijoux en or jaune, diamants et corail par Van Cleef & Arpels, vers 1970. 52-82 000 $ vendue 201 000 $

En se tournant vers l’Orient, les joailliers découvrent – ou redécouvrent – de nouvelles manières de travailler et mettre en valeur les pierres. Les gemmes sont taillées en cabochons ou portées en perles, mais aussi gravées selon la tradition des Moghols. Si Cartier avait déjà établi des liens étroits avec l’Inde dès le début du XXe siècle, la maison remet à l’honneur ses créations inspirées de la joaillerie indienne. Ainsi, en 1920, Cartier mêle des pierres aux couleurs vives, taillées et gravées en feuilles, fleurs et fruits dans une collection emblématique qui apparaît de nouveau dans les années 70 sous le nom de « Tutti Frutti ».

Sotheby’s, lot 225 : Broche Cartier « Tutti Frutti » vers 1930, platine, émeraude, saphir, rubis, diamant. 22-32 000 $ vendue 60 000 $

Cette vague d’exotisme touche l’ensemble de la Place Vendôme. Piaget en 1964 développe une idée novatrice : embellir les cadrans de ses montres à l’aide de pierres dures ou semi-précieuses. Cette montre-bijou devient symbolique de cette époque, le président de Piaget, Philippe Léopold-Metzger allant jusqu’à la désigner comme « la montre typique de la femme gâtée de ces années 1970 ». Corail, jade, lapis lazuli, onyx, opale, œil de tigre, malachite et bien d’autres font triompher la couleur dans une variété quasi infinie : le catalogue de la maison répertorie jusqu’à trente pierres différentes.

Parmi les joailliers établis, certaines maisons s’épanouiront particulièrement au cours de cette décennie. Ainsi, l’histoire de Bulgari remonte à la fin du XIXe siècle en Italie mais le style propre à cette maison s’affirme à partir de la fin des années 60.

Christie’s, lot 138 : Sautoir Bulgari, vers 1975, or jaune, diamant, onyx et quartz. 40-50 000 $ vendu 191 000 $

En s’affranchissant peu à peu de la mode parisienne, Bulgari propose des formes extrêmement linéaires, lisses et arrondies. Les années 70 permettent de cristalliser les caractéristiques du style qui a pris corps au cours des années précédentes. Le vent de folie créative permet à la maison d’imprimer à ses modèles une conception différente des volumes et des couleurs en faisant un usage général de pierres de couleur taillées en cabochon pour créer des motifs naturalistes stylisés enserrés dans des formes géométriques. Le sautoir Bulgari présenté par Christie’s est symbolique de ces années. Ce bijou a la particularité d’avoir été porté par l’actrice Silvana Mangano lors du tournage du film Violence et Passion en 1974. Séduite à juste titre par la beauté captivante de ce sautoir, l’italienne en fit l’acquisition.

 

Détail. Christie’s, lot 138 : Sautoir Bulgari, vers 1975, or jaune, diamant, onyx et quartz. 40-50 000 $ vendu 191 000 $

Au cours des années 70, Bulgari développe également ses fameuses montres « Serpenti ». Les modèles aux couleurs chatoyantes se font plus réalistes, pour un rendu virtuose les écailles reproduisent des variétés particulières de serpents, ou permettent simplement de suivre les couleurs en vogue. Ces montres relèvent d’une grande maîtrise technique, chaque écaille est individuellement émaillée ou sertie avant d’être minutieusement assemblée aux autres par d’infimes vis.

Christie’s, lot 141 : paire de montres « Serpenti » par Bulgari, or jaune, rubis, saphir et diamant. 200 – 300 000 $ vendue 375 000 $

Christie’s, lot 141 : paire de montres « Serpenti » par Bulgari, or jaune, rubis, saphir et diamant. 200 – 300 000 $ vendue 375 000 $

Fidèles au style et à l’histoire de Bulgari, les collections actuelles continuent de puiser dans les inspirations propres aux années 70. Or jaune, pierres de couleurs, lignes pures et volumes sont encore aujourd’hui les maîtres-mots de cette maison. Une bague Bulgari issue de la collection de 2015 présentée par Christie’s est un parfait exemple des créations contemporaines qui semblent provenir de cette décennie haute en couleurs.

Sertie d’un superbe saphir padparadscha de 46,92 carats, cette bague en or jaune présente une monture au dessin géométrique, incrustée de turquoise et soulignée par des lignes de diamants. Tel un héritage de la force créative de ces années, les formes lisses, linéaires et arrondies unissent les pierres en une symphonie de couleurs.

Christie’s, lot 143 : Bague Bulgari, 2015, or jaune, turquoises, diamants et saphir padparadscha de 46,92 carats.

Pour approfondir vos connaissances de la joaillerie Seventies :

Un cours sur l’histoire et les techniques de l’émaillage et une exposition au MAM

L’Ecole des arts joailliers, avec le soutien de Van Cleef & Arpels, propose de découvrir la subtilité de l’art de l’émaillage appliqué au bijou avec un nouveau cours très bien conçu intitulé « Le bijou et les émaux grand feu ».

31, rue Danielle Casanova
75001 Paris

Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris présente jusqu’au 5 novembre 2017 l’exposition Medusa, Bijoux et Tabous. Plus de 400 pièces parmi lesquelles vous retrouverez de nombreux bijoux seventies.

11 Avenue du Président Wilson
75116 Paris
Tel. 01 53 67 40 00
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h
Nocturne le jeudi jusqu’à 22h (expositions uniquement)

Violaine Bigot, gemmologue FGA. Retrouvez Violaine Bigot @linkedIn, @Instagram

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Pour vous inscrire à Property of a lady, veuillez cliquer sur ce lien.

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Visuel de « une » Collier perles de semences et émail, et bracelet émail par Jean Schlumberger @Christie’s Paris Jewels 6 Juin 2017.

Lot 23 Collier de perles de semence et émail :

Formé de rangs de perles de semence (non testées)
alternés de maillons bombés et cylindriques en émail
paillonné bleu ponctués de triangles d’or, 49 cm., poids
brut: 264.13 gr., monture en or jaune 18K (750), poinçons
français, dans son écrin.
Signé Schlumberger Paris
€10,000-15,000
Lot 24 Bracelet émail
Semi-fexible, formé de maillons bombés en émail paillonné
bleu ponctué de losanges ou de boules d’or, 16 cm., poids
brut: 127.42 gr., monture en or jaune 18K (750), poinçon
français
Signé Schlumberger Paris
€5,000-7,000