Les Diamants de la Couronne au Musée du Louvre (mise à jour de février 2020)

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La troisième vitrine est celle des bijoux du Second Empire, avec les vestiges des grandes parures de l’impératrice Eugénie

La Fête Impériale

L’impératrice Eugénie reste célèbre pour son élégance innée et sa beauté. Jeux d’apparence qui servaient le pouvoir, l’industrie naissante et l’image de la France. C’est elle qui est à l’origine du style Second Empire empreint de tradition et d’éclectisme.

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d’après Franz Xaver Winterhalter, Anonyme – L’Impératrice Eugénie – Photo (C) RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Michel Urtado

L’Impératrice Eugénie posséda une des plus importantes collections de bijoux de son temps. Elle appréciait tout particulièrement les perles et les émeraudes (les siennes provenaient de Colombie).

A la chute du Second Empire, les souverains partirent en exil à Londres et y organisèrent le 24 juin 1872 une importante vente de bijoux personnels de l’Impératrice chez Christie’s. Lors de la vente aux enchères de 1887, la majeure partie des bijoux de l’ex-impératrice fut rachetée par le bijoutier-joaillier américain Charles Tiffany. (La plupart de ces bijoux ont ensuite appartenu à une grande collectionneuse Aimée de Heeren mais là, c’est une autre histoire qui commence !).

• La Couronne de haut de tête de l’impératrice Eugénie

Réalisée par Alexandre-Gabriel Lemonnier (1808-1884) à l’occasion de l’Exposition universelle de 1855, sur le même modèle que celle de l’Empereur aujourd’hui disparue, cette couronne est constituée de 2 490 diamants et de 56 émeraudes montés sur or jaune. Aujourd’hui, c’est avec la couronne de Louis XV, la seule couronne de souverain français préservée.

Alexandre-Gabriel Lemonnier – Couronne de l’impératrice Eugénie. La forme de la couronne de l’Impératrice est typique des représentations de couronnes impériales, conçue selon un principe déjà présent sur les armoiries impériales du Premier Empire. Les arceaux sont formés de huit aigles en or ciselé alternant avec de longues feuilles de laurier sorties de palmettes faites de diamants, dont un gros au centre. Chaque palmette est anquée de deux émeraudes. Au sommet des arceaux, un globe en diamants rehaussé d’un cercle et d’un demi-cercle formés par trente-deux émeraudes et surmonté d’une croix composée de six brillants. Hauteur : 0.13 m. Largeur : 0.13 m. Diamètre : 0.165 m. Les motifs de l’aigle et de la palmette sont récurrents dans la symbolique impériale. © RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) / S. Maréchalle

Cette couronne, en grande partie payée par la cassette impériale, fut restituée en 1873 à l’Impératrice par la IIIème République. La couronne de l’Empereur fut démantelée, et huit de ses émeraudes restituées à l’impératrice car n’appartenant pas aux Diamants de la Couronne.

Eugénie la légua à la princesse Marie-Clotilde Napoléon, comtesse de Witt.

Elle fut acquise par le Louvre en 1988 grâce à la participation de M. et Mme Roberto Polo.

Ecrin de la Couronne d’Eugénie Exécutée pour l’Exposition Universelle de 1855. Commande de Napoléon III, avec une autre couronne pour l’empereur (détruite en 1887 sauf la croix). Collection des Diamants de la Couronne ; après restauration. Don M. et Mme Roberto Polo, 1988. musée du Louvre CRÉDITPhoto (C) RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle

• Trois mois après leur mariage (30 janvier 1853), l’Empereur commande une nouvelle parure pour l’Impératrice à partir de la parure exécutée par François-Régnault Nitot pour l’impératrice Marie-Louise (et déjà transformée pour la duchesse d’Angoulême sous la Restauration) avec les perles et les diamants de la Couronne.

L’Empereur partage la commande entre Alexandre-Gabriel Lemonnier, joaillier de la Couronne, et François Kramer, joaillier attitré de l’impératrice Eugénie. Lemonnier fournit le diadème, la petite couronne et une grande broche de devant de corsage. François Kramer fournit quatre broches de même dessin mais de taille décroissante, dont deux broches d’épaule et deux broches de corsage.

• Le Diadème de perles et diamants

Sur son portrait officiel peint par Winterhalter, l’impératrice Eugénie porte ce diadème, ainsi que la couronne de haut de tête, créés par Alexandre-Gabriel Lemonnier. Ce diadème est composé de 212 perles et de 1 998 diamants de taille ancienne, montés sur argent doublé d’or.

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Alexandre-Gabriel Lemonnier – Diadème de l’impératrice Eugénie – Photo (C) RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle
Diadème de l’impératrice Eugénie
Lemonnier Alexandre-Gabriel (vers 1808-1884)Paris, musée du Louvre. Photo (C) RMN-Grand Palais (musée du Louvre) : image RMN-GP

Depuis 1887, il faisait partie de la collection des princes Thurn und Taxis (Allemagne) et a pu être acquis lors d’une vente à Genève le 17 novembre 1992 par la société des Amis du Louvre.

• La Broche d’épaule de l’impératrice Eugénie

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François Kramer – Broche d’épaule de l’Impératrice Eugénie – Photo (C) RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle

Elle est composée de sept perles (deux rondes, cinq poires) mises en valeur par dix-sept diamants coussin et quelques dizaines de brillants.

Lors de la vente des Diamants de la couronne, les quatre broches sont vendues.

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Catalogue Berthaud, vente des Diamants de la Couronne, 1887.

La broche acquise par le musée du Louvre est la deuxième, adjugée à Bapst et fils. Elle est le dernier bijou à être entré dans les collections du Louvre le 11 février 2015.

• Le Grand Nœud de ceinture en diamants

Le nœud de corsage d’Eugénie est un bijou qui lui a été offert par Napoléon III à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1855.

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François Kramer – Grand noeud de corsage de l’Impératrice Eugénie. Modifications par la maison Bapst : 1864. Hauteur : 0.0225 m ; Largeur : 0.11 m ; Profondeur : 0.035 m. Ancienne collection des Diamants de la Couronne – Photo (C) RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle

Il est composé de 2.634 diamants, dont 196 roses et 2.438 brillants, totalisant plus de 140 carats. Lors de sa création par le joaillier François Kramer, le nœud était un élément de ceinture puis en 1864, il a été démonté et adapté en broche de devant de corsage à la demande de l’impératrice.

Revers du Noeud d’Eugénie.

Mise en vente aux enchères en 1887, cette pièce exceptionnelle avait été achetée par le joaillier Emile Schlesinger qui l’avait à son tour revendue à la famille Astor dans laquelle elle est restée cent ans, avant d’être remise en vente, intacte, le 15 avril 2008 chez Christie’s à New York : Rare Jewels and Gemstones, The Eye of a Connoisseur. Sale 2121. Lot 1096

• La broche-pendentif de l’Impératrice Eugénie

Cette grande broche « agrafe rocaille » réalisée par Alfred Bapst en 1855 est le seul bijou de l’Impératrice Eugénie qui ait été cédé au Louvre en 1887.

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Christophe-Frédéric Bapst – Broche dite broche-reliquaire de l’impératrice Eugénie Photo (C) RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle

Elle est composée de 85 diamants colorés montés sur argent doré. Les deux diamants en forme de cœur ou « en ailes de papillon » sont les Mazarins 17 et 18 légués par le cardinal à Louis XIV en 1661. Ainsi, avec le diamant le Sancy (1er Mazarin) le musée du Louvre conserve trois des dix-huit Mazarins.

Cette broche est parfois appelée « broche-reliquaire » pourtant, elle ne contient pas de relique. Comme le soulignait Monsieur Jannic Durand  « c’est un des mystères du Louvre » !