Les Diamants de la Couronne : une épopée historique

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Le très brillant siècle des Lumières

      • En 1717, le Duc Philippe d’Orléans (1674-1723), régent de France jusqu’en 1723, acquiert pour la Couronne un diamant de 140,615 carats, découvert dans la région de Golconde en 1698, qui portera son nom : Le Régent.

        Portrait du Régent
        Boit Charles (1663-1727).
        Photo (C) RMN-Grand Palais (musée du Louvre) : Jean-Gilles Berizzi

Cette gemme devient le principal diamant de la couronne de France, surpassant par sa beauté, sa couleur, sa taille et son poids tous les diamants jusqu’alors connus en Occident.

3 Diamant dit le Régent
Diamant dit Le Régent – Photo © RMN-Grand Palais / Droits réservés

Le Régent deviendra le symbole de la royauté, il ornera la couronne de Louis XV (1722), la couronne de Louis XVI (1775), l’épée du Premier consul (1801) devenue épée de sacre, le glaive de Napoléon Ier (1812), la couronne de Charles X (1825), et le diadème à la grecque de l’impératrice Eugénie.

Détail Jean-Léon Gérôme, Réception des ambassadeurs du Siam par Napoléon III et l’impératrice Eugénie, Château de Versailles © RMN. L’impératrice porte un diadème orné du « Régent ».

Il demeure la seule acquisition importante du règne de Louis XV. En effet,  le roi fit retailler sous son règne de nombreux diamants, y compris les Mazarins, pour ne pas avoir à racheter des diamants bruts mais aussi parce que la « retaille en brillant » des tailles anciennes, roses en particulier, apportait plus d’éclat. Cette préférence accordée à la brillance sur une très belle taille ancienne reste souvent critiquée.

      • Une nouvelle étape est franchie en 1749, lorsque Louis XV confie à Pierre-André Jacquemin, joaillier du roi, la création de l’insigne de la Toison d’or. Ce chef- d’œuvre constitue la première œuvre de « haute-joaillerie » française, mais il est aussi en quelque sorte la synthèse des joyaux de la couronne tels qu’ils ont été transmis depuis leur origine.
Toison
Dessin de la Toison d’or de M.Herbert Horovitz

La décoration de l’ordre de la Toison d’Or comporte en effet les gemmes exceptionnelles ayant appartenu à Louis XIV : le grand Diamant  Bleu, « Le Bazu » et un autre diamant bleu pâle de 32,6 ct. Il reprend également le spinelle rouge de 107 ct, « Le Côte de Bretagne », hérité de François Ier et retaillé pour l’occasion en forme de dragon par Jacques Guay (graveur en pierres fines du cabinet du roi). Il comporte aussi trois saphirs jaunes (nommés dans l’inventaire royal « Topazes d’Orient ») totalisant environ 25 ct, plusieurs brillants de 4 à 5 ct et des centaines de petits brillants.

10 Reconstitution de la Toison d'Or par M.H.Horovitz.photo Herbert Horovitz
Reconstitution de la Toison d’Or par M. H. Horovitz – Photo © Herbert Horovitz
      • Le règne de Louis XVI (1754-1793) ne semble pas avoir apporté de pièce significative aux Diamants de la couronne. Certes, le Régent fut serti sur la couronne royale, puis Marie-Antoinette (1755-1793) aima à le porter, mais ni le roi ni la reine n’eurent de goût pour les parures de grande dimension.Les modes lancées par une Marie-Antoinette réputée frivole furent du reste champêtres et fleuries (on songe au Hameau de la Reine). Il est cruellement paradoxal que la réputation de la reine se soit effondrée dans une affaire de bijoux dont précisément elle n’avait que faire : il s’agit de la fameuse « affaire du collier ». Le protagoniste en est un collier de diamants que Louis XV aurait offert à la Du Barry si la mort ne l’en avait empêché. Marie-Antoinette refusa obstinément de porter ce collier, le trouvant trop lourd et marqué par la personnalité de la Du Barry, qu’elle détestait. Eût-elle accepté de le porter, ce collier aurait sans doute rejoint les joyaux de la couronne et la réputation de la reine serait restée intacte. Mais c’est là de l’histoire-fiction.
        François-Hubert Drouais, 1773. Ce tableau est un portrait de la Dauphine Marie-Antoinette, épouse du futur roi de France, Louis XVI, à l’âge de 17 ans. Il représente la princesse en robe de cour et parée de bijoux. @ Victoria and Albert Museum.

        Dix rares bijoux ayant appartenu à Marie-Antoinette ont été mis en vente par Sotheby’s à Genève le 14 novembre 2018. Cette vente de  bijoux historiques provenant de la famille des Bourbon- Parme a atteint des records.

        Lot 100. Exceptional and highly important natural pearl and diamond pendant, 18th century. Royal Jewels from the Bourbon Parma Family. 14 novembre 2018. Genève. Estimation : 879,301 – 1,749,809 EUR. Lot vendu : 32,030,299 EUR. (Prix d’adjudication avec commission acheteur). @Sotheby’s
        « Une grande parure de perles (…): 1. Trois rangs de grosses perles, dont le premier de 49 perles, le deuxième de 53 perles, et le troisième de 61 perles, en tout 161 perles. (…) 3. Une grosse poire avec petit noeud en diamants, et gros solitaire. La poire faisait autrefois, avec le noeud en diamants, partie du 3ème rang de grosses perles. Le solitaire formait autrefois le fermoir du grand collier. 4. Deux boucles d’oreilles, boutons et poires en perles. (…) Cette parure provient tel quel (sic) de la Reine Marie Antoinette, et a été légué (sic) par Marie Thérèse de France, Duchesse d’Angoulême, Comtesse de Marne, à sa nièce et fille adoptive, Louise Marie Thérèse de France, Mademoiselle Duchesse de Parme ». Photograph of the necklace in its original form © Collection Christophe Vachaudez. All rights reserved.