Les Diamants de la Couronne à l’Ecole des Mines de Paris

Depuis le 5 janvier 2016, Le Musée de Minéralogie Mines Paris Tech propose une nouvelle exposition consacrée à des gemmes taillées provenant des joyaux de la couronne.

Pour la plupart, ces gemmes n’ont jamais été exposées depuis leur dépôt au musée en 1887 voulu par la commission d’experts de la vente des joyaux en 1887. Cette initiative est d’une importance historique majeure.

Tout d’abord parce qu’elle présente au public une collection de première importance : toutes les pierres sont issues de gisements extrêmement réputés et sont d’une qualité intrinsèque rare.

Ensuite parce que la valeur historique de ces gemmes est évidente : ce ne sont pas des bijoux qui sont présentés mais des pierres desserties – et c’est précisément au fait de n’être plus insérées dans des bijoux qu’elles ont dû leur survie, leur intérêt se réduisant pour la IIIe République à un intérêt minéralogique. L’idée qu’on peut se faire à partir de ces pierres de la splendeur des joyaux de la couronne suffit à échauffer l’imagination.

Enfin, parce qu’il s’agit d’une évolution dans la doctrine d’exposition du musée de l’Ecole des Mines : dédié essentiellement à la minéralogie, le musée prend ici un tournant patrimonial et historique, en partenariat avec la maison Riondet, spécialiste des bijoux anciens. Ces pierres étant destinées à rester exposées, c’est un troisième lieu de découverte des joyaux de la couronne qui émerge à Paris – et c’est en soi une excellente nouvelle.

[section_title title=Les gemmes du Musée des Mines]

• La première vitrine est consacrée aux améthystes.

Les 44 améthystes présentées viennent d’Oural. Ces gemmes faisaient partie d’une parure de 235 améthystes qui avait appartenu à L’Impératrice Marie-Louise d’Autriche. Cette parure avait été confectionnée par le joaillier attitré de Napoléon Ier, François-Regnault Nitot. Elle fut dessertie sous Louis XVIII et les améthystes furent conservées dans le trésor de la Couronne.

En 1887, 144 de ces améthystes furent données à l’École des Mines, le MNHN en reçut une douzaine.

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photo © Musée des Mines de Paris

• La seconde vitrine est consacrée aux émeraudes

Toutes les émeraudes présentées proviennent d’un même célèbre gisement : celui de Muzo en Colombie.

Les 8 émeraudes, ainsi que la suite des 34 autres plus petites, figuraient sur la couronne impériale de Napoléon III, conçue en 1855 par Lemonnier.

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photo © Musée des Mines de Paris

Dans cette vitrine est présenté un rang de 47 boules d’émeraudes, totalisant 117 carats, particulièrement remarquable par l’intensité de la couleur ainsi que par la taille en boule, rare pour ce type de pierre. A noter qu’il n’existe pas de trace d’acquisition de ces gemmes dans l’inventaire de 1791 mais qu’elles figurent sur celui de 1811. Bernard Morel, auteur de l’anthologie sur « les joyaux de la couronne » suggère qu’il s’agit « d’une pièce saisie chez les émigrés à l’époque révolutionnaire ». Ce point reste cependant historiquement obscur.

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photo © Musée des Mines de Paris

• La troisième vitrine est celle des topazes roses, dites « Rubis du Brésil »

Ces 33 topazes à la couleur délicate proviennent de la région du Minas Gerais au Brésil.

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photo © Musée des Mines de Paris

On sait que Napoléon Ier offrit de nombreux bijoux personnels à Marie-Louise. En particulier, une somptueuse parure composée de topazes roses « Rubis du Brésil », que l’on peut découvrir sur un portrait de l’impératrice réalisé par Pierre Guérin (1774-1835) d’après Gérard (1770-1837) et qui se trouve au Grand-Palais :

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photo© RMN-Grand Palais G. Blot

Impératrice Marie Louise , Paulin Jean-Baptiste Guérin, d’après François Pascal Simon Gérard

Les pierres non montées, et de tailles multiples, sont inventoriées en 1811. En 1887, une cinquantaine est donnée à l’École des Mines. Un autre lot rejoindra le MNHN.

• Dans un souci de clarté et d’honnêteté, le Musée des Mines fait remarquer que les pièces mises dépôt de 1887 ont pour certaines quitté le musée : c’est le cas des quelques 900 perles naturelles qui ont été vendues le 16 Mai 1903, sur ordre du ministre de l’Industrie, sous le prétexte qu’elles ne présentaient pas d’intérêt minéralogique…

C’est le cas également de deux diamants de taille brillant de 7,10 et 5,44 carats, livrés par François-Regnault Nitot entre 1810 et 1812 à Napoléon Ier et qui sous la Restauration avaient orné la couronne du sacre de Charles X, qui ont été volés avec d’autres minéraux de la collection des Mines en décembre 1909.

[section_title title=Informations pratiques]

• Informations pratiques

Musée de Minéralogie MINES ParisTech
60, boulevard Saint-Michel, 75006 Paris
www.musee.mines-paristech.fr
Du mardi au vendredi de 13h30 à 18h
Le samedi de 10h à 12h30 et de 14h à 17h
(Fermeture des caisses 30 mn avant la fermeture du Musée)

Les vitrines ont été en partie financées grâce à un partenariat avec la maison Riondet www.riondet-antiquaires.com

Tous mes remerciements vont à Monsieur Didier Nectoux,
Conservateur du Musée de Minéralogie MINES ParisTech,
ainsi qu’à sa dynamique équipe.