Louis-Philippe à Fontainebleau : variations sur le bijou romantique

Après les découvertes de Herculanum (1715) et de Pompéi (1755), la joaillerie avait connu la vogue du bijou « à l’antique », mode poussée à son paroxysme sous le Ier Empire et encore vivace sous la Monarchie de Juillet comme en témoigne le bracelet que la Reine porte à son poignet gauche, figurant un camée.

Etude pour le portrait de la Reine Marie-Amélie, vers 1832. Ecole française d’après Louis Hersent. Porcelaine dure, peinture polychrome. Paris, collection Emile Hermès.

Mais ce qui suscite le plus d’enthousiasme sous la Monarchie de Juillet, ce sont les formes et ornements qui rappellent le Moyen-Age et la Renaissance.

Portrait de la Reine au Château de Neuilly attribué à Louis Hersent. 1835-1840. Collection du Comte de Paris. Photo Guillaume Giraudon. Château de Fontainebleau.

Zoom sur la ceinture d’orfèvrerie néo-gothique, de style « à la cathédrale » avec ciselure et peinture émaillée. Photo Guillaume Giraudon. château de Fontainebleau.

Le style néogothique à Fontainebleau trouve son affirmation dans l’histoire même du château. Demeure royale depuis le règne de Louis VII, le château de Fontainebleau rappelle par bien des éléments architecturaux, dont son donjon, le Moyen-Age. « Chez Louis-Philippe, rappelle Vincent Cochet, le goût gothique naît de ce contact permanent avec les décors anciens et justifie le renouveau des « styles historiques ». Le néo-gothique Louis-Philippe, bellifontain, ne relève pas simplement d’une mode de l’époque, il est lié à l’histoire, il est archéologique ».

C’est ailleurs dans le donjon du château qu’est exposée cette très belle châtelaine créée par Morel & Cie.

Châtelaine Morel & Cie. 1842-1848.Or, argent partiellement doré ciselé et émaillé. Prêt du MAD, Paris. Photo G.Giraudon. château de Versailles.

Ce bijou inventé au début du XVIIIème siècle, était tombé en désuétude sous l’Empire puisque les tenues vestimentaires ne marquaient plus la taille. Il connaît un important regain sous la Monarchie Juillet avec la mode des tailles étroites lancée par la Reine. Composée de plusieurs chaînes auxquelles sont suspendues des breloques, la châtelaine se portait à la ceinture et servait à suspendre de petits accessoires utilitaires, ou pas : montre, flacons de sels, accessoires de couture, et comme on le voit sur ce modèle un sceau et une clef.

L’ornementation de ce bijou de ceinture est constituée de scènes de vie féodale qui atteste cette vogue néo-gothique : « le premier médaillon montre une dame à cheval accompagnée de son page,  celui du centre représente la dame priant dans un petit oratoire voûté d’ogives, le dernier la montre recevant l’hommage d’un gentilhomme », explique Oriane Beaufils.

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