Diamants de couleur : une brillante compétition

Depuis quelques années, les diamants de couleur connaissent un engouement incroyable et ne cessent d’atteindre de nouveaux records de vente. En témoignent les deux ventes aux enchères qui ont eu lieu à Genève chez Sotheby’s le mardi 17 mai et chez Christie’s mercredi 18 mai 2016.

David Bennett, Président du département International Haute Joaillerie chez Sotheby’s orchestrait la vente du 17 mai 2016 à Genève. @Sotheby’s

Deux pierres en particulier ont atteint des sommets.

La première est le « Unique Pink », plus grand diamant rose vif  « fancy vivid pink » de taille poire jamais proposé aux enchères. Pesant 15,38 carats, il a atteint un prix record de 31,56 millions de dollars (soit 27,88 millions d’euros) tous frais inclus ce qui met le prix du carat à 2 052 094 dollars!
Lot 495 - The Unique Pink
La seconde est le « Oppenheimer Blue », un diamant bleu de 14,62 carats classé « fancy vivid blue », la couleur la plus rare pour un diamant bleu. Il était estimé entre 38 et 45 millions de dollars et a été vendu 57,5 millions de dollars (soit 51,24 millions d’euros) devenant ainsi le diamant bleu le plus cher jamais vendu aux enchères. Il a battu le précédent record détenu par un diamant de 12,03 carats le « Blue moon of Josephine » qui avait atteint 48,4 millions de dollars chez Sotheby’s à Genève même en novembre dernier.

blue_diamond_art_a
Le diamant « Oppenheimer Blue » @Christie’s

Le diamant le plus cher jamais vendu reste à ce jour le « Pink Star ».  Cet extraordinaire diamant rose « fancy vivid » de 59,60 carats avait été adjugé le 13 novembre 2013 pour 83,19 millions de dollars, soit 61,87 millions d’euros (hors commission). L’ironie de cette vente marquant un record historique est que son acheteur, le diamantaire new-yorkais Isaac Wolf, se révéla incapable de le payer et dut le restituer à la maison Sotheby’s.

Comment expliquer cette folie qui entoure les diamants de couleur ? Une simple mode peut-elle  justifier des prix astronomiques? Quel mystérieux attrait émane donc de ces pierres?

Tout d’abord, il est indéniable qu’il existe une clientèle pour des pierres de la plus haute qualité ou en provenance de collections nobles. Si les acheteurs restent le plus souvent anonymes, on sait néanmoins que la clientèle vient maintenant en partie de marchés émergents comme la Chine et l’Inde, mais aussi de Russie et des Emirats. Le « Blue moon of Josephine » avait été acquis par un magnat de Hong-Kong, Joseph Lau, et le « Unique Pink » a lui aussi été acheté par un « amateur asiatique ».

Au-delà d’un certain prix, 100 000 euros au minimum, la pierre devient une valeur refuge. Elle se transporte aisément et discrètement. Sa valeur est internationale et, pourrait-on dire, intemporelle. De plus, au moment où de nombreuses mines s’épuisent, les diamants de Golconde, les rubis birmans, les saphirs du Cashemire ou de Birmanie sont garants par leur provenance mythique de qualité, de rareté et de beauté. Le fait de provenir de mines épuisées ou en voie d’épuisement leur confère une aura et une valeur supplémentaires.

Jetons un coup d’œil dans les coulisses de l’univers du diamant, les lieux où ils se forment, leur composition, leurs gisements et soulevons le voile de l’origine de leur couleur. Ces aspects techniques permettent de comprendre à quel point les diamants, et ceux de couleur en particulier, sont rares et fascinants. Après les coulisses, nous reviendrons au rêve avec un défilé des principaux « fancy diamonds » qui ont affolé les ventes aux enchères ces derniers temps.


Diamant « The Argyle Violet », 2.83 carats. Le plus gros diamant violet issu des mines de diamants d’Argyle, Australie. Copyright@2016 Rio Tinto.

Plan du chapitre