Les Diamants de la Couronne au Musée du Louvre

La Fête Impériale

L’impératrice Eugénie reste célébrée pour son élégance innée et sa beauté. Jeux d’apparence qui servaient le pouvoir, l’industrie naissante et l’image de la France. C’est elle qui est à l’origine du style Second Empire empreint de tradition et d’éclectisme.

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d’après Franz Xaver Winterhalter, Anonyme – L’Impératrice Eugénie – Photo (C) RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Michel Urtado

L’Impératrice Eugénie posséda une des plus importantes collections de bijoux de son temps. Elle appréciait tout particulièrement les perles et les émeraudes (les siennes provenaient de Colombie).

A la chute du Second Empire, les souverains partirent en exil à Londres et y organisèrent le 24 juin 1872 une importante vente de bijoux personnels de l’Impératrice chez Christie’s.
Lors de la vente aux enchères de 1887, la majeure partie des bijoux de l’ex-impératrice fut rachetée par le bijoutier-joaillier américain Charles Tiffany . (La plupart de ces bijoux ont ensuite appartenu à une grande collectionneuse Aimée de Heeren, mais là commence une autre histoire!).
Les cinq magnifiques bijoux de l’Impératrice Eugénie présentés au musée du Louvre se trouvent près des appartements Napoléon III (aile Richelieu).

• La Couronne en or d’Eugénie

Réalisée par Alexandre-Gabriel Lemonnier, sur le même modèle que celle de l’Empereur aujourd’hui disparue, elle est constituée de 2 490 diamants et de 56 émeraudes montés sur or.

12 couronne de l'Impératrice Eugénie par Alexandre-Gabriel Lemonnier
Alexandre-Gabriel Lemonnier – Couronne de l’impératrice Eugénie – Photo (C) RMN-Grand Palais / Les frères Chuzeville

Faisant partie de des Diamants de la Couronne, cette couronne en grande partie payée par la cassette impériale fut restituée en 1876 par la IIIème République à l’Impératrice en exil.

Eugénie la légua à la princesse Marie-Clotilde Napoléon, comtesse de Witt. Elle fut acquise en 1988 grâce au don de M. Roberto Polo.
• Trois mois après leur mariage (30 janvier 1853), l’Empereur commande une nouvelle parure pour l’Impératrice à partir de la parure exécutée par François-Régnault Nitot pour l’impératrice Marie-Louise (et déjà transformée pour la duchesse d’Angoulême sous la Restauration) avec les perles et les diamants de la Couronne.

L’Empereur partage la commande entre Alexandre-Gabriel Lemonnier, joaillier de la Couronne, et François Kramer, joaillier attitré de l’impératrice Eugénie. Lemonnier fournit le diadème, une petite couronne dite « couronnette » et une grande broche de devant de corsage. François Kramer fournit quatre broches de même dessin mais de taille décroissante, dont deux broches d’épaule et deux broches de corsage.

• Le Diadème de perles et diamants

Sur son portrait officiel peint par Winterhalter, l’impératrice Eugénie porte ce diadème, et la couronnette assortie, créés par Alexandre-Gabriel Lemonnier. Ce diadème est composé de 212 perles et de 1 998 diamants de taille ancienne, montés sur argent doublé d’or.

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Alexandre-Gabriel Lemonnier – Diadème de l’impératrice Eugénie – Photo (C) RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle

Depuis 1887, il faisait partie de la collection des princes Thurn und Taxis (Allemagne) et a pu être acquis lors d’une vente à Genève le 17 novembre 1992 par la société des Amis du Louvre.

• La Broche d’épaule de l’impératrice Eugénie

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François Kramer – Broche d’épaule de l’Impératrice Eugénie – Photo (C) RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle

Elle est composée de sept perles (deux rondes, cinq poires) mises en valeur par dix-sept diamants coussin et quelques dizaines de brillants.

Lors de la vente des Diamants de la couronne, les quatre broches sont vendues.

14 B Catalogue Berthaud 1887 - Planches
Catalogue Berthaud, vente des Diamants de la Couronne, 1887.

La broche acquise par le musée du Louvre est la deuxième, adjugée à Bapst et fils. Elle est le dernier bijou à être entré dans les collections du Louvre le 11 février 2015.

• Le Grand Nœud de ceinture en diamants

Le nœud de corsage d’Eugénie est un bijou qui lui a été offert par Napoléon III à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1855.

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François Kramer – Grand noeud de corsage de l’Impératrice Eugénie – Photo (C) RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle

Il est composé de 2.634 diamants, dont 196 roses et 2.438 brillants, totalisant plus de 140 carats. Lors de sa création par le joaillier François Kramer, le nœud était un élément de ceinture puis en 1864, il a été démonté et adapté en broche de devant de corsage à la demande de l’impératrice.

Mise en vente aux enchères en 1887, cette pièce exceptionnelle avait été achetée par le joaillier Emile Schlesinger qui l’avait à son tour revendue à la famille Astor dans laquelle elle est restée cent ans, avant d’être remise en vente, intacte, le 18 avril 2008 chez Christie’s à New York. http://www.christies.com/departments/jewellery-33-1.aspx

• La broche-pendentif de l’Impératrice Eugénie

Cette grande broche « agrafe rocaille » réalisée par Alfred Bapst en 1855 est le seul bijou de l’Impératrice Eugénie qui ait été cédé au Louvre en 1887.

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Christophe-Frédéric Bapst – Broche dite broche-reliquaire de l’impératrice Eugénie Photo (C) RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Stéphane Maréchalle

Elle est composée de 85 diamants colorés montés sur argent doré. Les deux diamants en forme de cœur ou « en ailes de papillon » sont les Mazarins 17 et 18 légués par le cardinal à Louis XIV en 1661. Ainsi, avec le diamant le Sancy (1er Mazarin) le musée du Louvre conserve trois des dix-huit Mazarins.

Cette broche est parfois appelée « broche-reliquaire » pourtant, elle ne contient pas de relique. Comme le souligne Monsieur Jannic Durand  dans son interview « c’est un des mystères du Louvre » !

 

Pour aller plus loin : 

Bernard Morel
Les Joyaux de la couronne de France – Les objets du sacre des rois et des reines suivis de l’histoire des joyaux de la couronne de François Ier à nos jours.  Edité par Anvers / Paris, Fonds Mercator / Albin Michel, 1988

Gérard Mabille
Les Diamants de la Couronne,  Hors-série, Découvertes Gallimard, 2001

Musée du Louvre
http://www.louvre.fr
Rue de Rivoli. 75001 Paris.
Tél : 01 40 20 53 17

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