Les Diamants de la Couronne au Musée du Louvre

Les Diamants de la Couronne et les bijoux personnels des souveraines entre 1800 et 1852

Le XIXème siècle a connu six régimes politiques. Les joyaux de la couronne reflètent ces changements permanents. Les pierres seront démontées et remontées maintes fois.

Les bijoux de la première moitié de ce siècle présentés au musée du Louvre ne sont pas tous issus des Diamants de la Couronne mais sont le plus souvent des bijoux personnels ayant appartenu aux Impératrices et Reines.

L’Impératrice Joséphine a porté les Diamants de la Couronne le temps de son mariage avec Napoléon Ier. Après son divorce, en 1809, ces bijoux ont été mis à disposition de l’Impératrice Marie-Louise. Ainsi, il n’y a pas de Diamants de la Couronne de l’Impératrice Joséphine.

Quant à sa très grande collection de bijoux personnels, qui a été partagée entre ses deux enfants Hortense et Eugène de Beauharnais après sa mort le 29 mai 1814 au château de Malmaison, peu en est visible. On peut espérer que ces bijoux existent encore dans des collections royales en Europe grâce à ses descendants.

– A Nice, le musée Masséna présente le diadème de Joséphine en nacre, or, perles et pierres de couleur offert par son beau-frère Murat.

Le Musée National des châteaux de Malmaison et Bois-Préau présente aussi quelques bijoux, en particulier la bague de couronnement de l’Impératrice.

– Le Louvre expose une paire de pendants d’oreilles, formée de deux grosses perles en forme de poire, lui ayant appartenu personnellement – et que l’on reconnaît dans de nombreux portraits d’elle.
(Don Claude Menier en 1973).

6 Paire de boucles d'oreilles de Joséphine de Beauharnais
Paire de boucles d’oreilles de Joséphine de Beauharnais – Photo (C) RMN-Grand Palais / Droits réservés

• Pour son mariage avec Marie-Louise d’Autriche le 2 avril 1810, Napoléon commanda à la maison Nitot deux parures qui appartiendront aux Diamants de la Couronne : une de diamants et une autre de perles et diamants. S’ajoutera aussi, d’une valeur moins importante, la parure en or et mosaïques 

Napoléon offrit aussi à Marie-Louise deux superbes parures destinées à entrer dans son écrin personnel : l’une en opales et diamants, l’autre en émeraudes et diamants (acquise en 2004)

7 Collier et paire de boucles d'oreilles de Marie-Louise, Maison Nitot
Etienne Nitot maison et fondée en 1780 fils, François-Regnault Nitot – Collier et paire de boucles d’oreilles – Photo (C) RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi

Ces deux bijoux, préservés dans leur état d’origine de 1810, ne sont pas des joyaux de la couronne mais proviennent d’une parure personnelle de l’Impératrice qui comprenait aussi un diadème et un peigne.

Le collier créé par François-Regnault Nitot est composé de 32 émeraudes (l’émeraude ovale centrale taillée à huit pans pèse 13,75 carats) et de 1138 diamants (dont 874 brillants et 264 roses).

Les boucles d’oreilles sont formées chacune d’une importante émeraude taillée en poire, enrichie d’une cinquantaine de brillants et de deux autres émeraudes.

A la chute du Premier Empire, l’Impératrice quitte Paris le 29 mars 1814 et emporte tous les bijoux personnels reçus pendant son mariage.

Elle lèguera la parure d’émeraudes à sa tante du côté des Habsbourg, l’archiduchesse Elise. En 1953, les descendants la céderont à Van Cleef & Arpels. Les 79 émeraudes du diadème seront démontées et vendues une à une… Le diadème sera resserti de turquoises (à la place des émeraudes) puis racheté en 1971 par l’héritière américaine Marjorie Merriweather Post qui l’offrira à la Smithsonian Institution.

Ce diadème est composé de 1.006 diamants taille ancienne d’un poids total de 700 carats et de 79 turquoises d’Iran d’un poids total de 540 carats. 

Sous la Restauration, Louis XVIII (1755 – 1824) fit démonter et mettre au goût du jour les bijoux impériaux.

Louis XVIII étant veuf, tout comme son frère et successeur Charles X, c’est leur nièce la duchesse d’Angoulême (1778-1851), fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, qui porta les Diamants de la Couronne.

Deux bijoux lui ayant appartenu et faisant partie des Diamants de la couronne sont présentés au Louvre :

Le « diadème de la duchesse d’Angoulême » 

8 Diadème de la duchesse d'Angoulême, Christophe-Frédéric Bapst, d'après Jacques-Evrard Bapst
Etienne Nitot maison et fondée en 1780 fils, François-Regnault Nitot – Collier et paire de boucles d’oreilles – Photo (C) RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi

Marie-Thérèse de France possédait une parure personnelle d’émeraudes qui avait été créée en 1814 par le joaillier Paul-Nicolas Ménière (1745-1826) comprenant un peigne, un collier, des bracelets et des boucles d’oreilles. Louis XVIII fit réaliser un diadème par la maison Bapst pour compléter cette parure. Chef d’œuvre de la Restauration, il est composé de 40 émeraudes – dont une centrale de 15,93 carats- et de 1031 brillants.
Ce diadème fut vendu avec les autres bijoux de la Couronne en 1887 avant de réapparaître dans une collection privée. Il a été acquis en 2002.

La « paire de bracelets rubis et diamants de la duchesse » 

Paire de bracelets de la Duchesse d'Angoulême, P-N Menière, C-F Bapst, J-E Bapst
Paul-Nicolas Menière, Christophe-Frédéric Bapst, Jacques-Evrard Bapst – Paire de bracelets de la duchesse d’Angoulême – Photo (C) RMN-Grand Palais / Daniel Arnaudet

Les deux bracelets sont formés de vingt-quatre rubis ovales, entourés de trois cent cinquante-six brillants ronds. Les pierres proviennent d’une parure en rubis et diamants qui avait été réalisée en 1811 par la Maison Nitot pour Marie-Louise. La parure avait été inscrite à l’inventaire des Diamants de la Couronne.

En 1816, Pierre-Nicolas Menière remonta les rubis et les brillants de Marie-Louise pour la duchesse d’Angoulême en gardant les éléments essentiels de Nitot mais en les agençant avec plus de sobriété, dans le style Restauration.

Les deux bracelets faisaient partie d’une suite de bijoux composée d’un diadème, d’un collier, d’un peigne, d’une paire de boucles d’oreilles, d’une ceinture et de trois agrafes.

Fait assez rare pour être souligné : ni les bracelets, ni le reste de la parure, ne furent modifiés au cours du XIXème siècle. Ils furent portés par la reine Marie-Amélie puis par l’impératrice Eugénie.

L’ensemble fut vendu en 1887, la paire de bracelets fut acquise par M. Tiffany puis vendue dans une collection particulière, avant d’être léguée au Louvre en 1973 par M. Claude Menier.

Il n’y a qu’une seule parure témoin de la Monarchie de Juillet, c’est la parure complète de saphirs et diamants de la reine Marie-Amélie (1782-1866), épouse du roi Louis-Philippe.

Parure de saphir et de diamants de la reine Marie-Amélie – Photo (C) RMN-Grand Palais / Droits réservés

Il s’agit d’une parure personnelle de la reine.

Diadème, collier, paire de boucles d’oreilles et broches sont composés de 42 saphirs de Ceylan et de 2147 diamants.
La plus ancienne trace que l’on ait trouvée de cette parure est la correspondance échangée entre le duc d’Orléans (futur Louis-Philippe) et Hortense de Beauharnais qui la lui vendait.
Cette parure est restée dans la descendance des Orléans jusqu’en 1985, date à laquelle elle est entrée au Louvre.

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