Les Diamants de la Couronne au Musée du Louvre

 Quatre gemmes célèbres et une couronne,
les Diamants de la Couronne du XVIème au XVIIIème siècle.

Vient tout d’abord la pierre fondatrice de cette collection royale : Le spinelle « Côte de Bretagne » une gemme de 107,88 carats.

1 Le Côte de Bretagne, Jacques Guay
Jacques Guay – La Côte de Bretagne – Photo (C) RMN-Grand Palais / Droits réservés

Ce spinelle longtemps appelé « rubis balais » appartint à Marguerite de Foix, duchesse de Bretagne, puis à sa fille Anne de Bretagne. François Ier  le reçut de sa première épouse, Claude de France, fille d’Anne de Bretagne.

A cette époque, la pierre pesait 212 carats et était montée en « bague à prendre » ou « cottoire ».

En 1750, à la demande de Louis XV, elle sera taillée en forme de dragon par Jacques Guay, le graveur en pierres fines du cabinet du roi et sertie dans l’insigne de la Toison d’or.

Cette gemme fut attribuée au Louvre en 1887.

Le « Sancy » superbe diamant de 55,23 carats. 

2 le grand Sancy
Diamant le grand Sancy – Photo (C) RMN-Grand Palais / Droits réservés

Actif sous le règne d’Henri IV, Nicolas Harlay de Sancy laissa son nom aux deux prestigieux diamants qu’il possédait : Le Beau Sancy (34,98 carats) et Le Sancy ou Grand Sancy (article 1). Il fut acquis en 1604 par Jacques Ier, roi d’Angleterre, puis revendu par Henriette-Marie de France, reine d’Angleterre au cardinal Mazarin en 1657.

Mazarin le lèguera à son filleul Louis XIV en 1661, date à laquelle il entrera dans la collection des Diamants de la Couronne. Dans l’inventaire de 1691, il est décrit comme : « Un très grand diamant fort épais, appelé le Sancy, donné à la couronne par feu Monsieur le cardinal Mazarin, taillé à facettes des deux cotés, de forme pendeloque, de fort belle eau blanche et vive, net et parfait ».

Plus tard, il sera placé sur les couronnes de Louis XV (1722) et de Louis XVI (1775) puis utilisé comme bijou par Marie-Antoinette. Le Directoire, qui avait besoin d’argent mit en gage une partie des Diamants de la Couronne en 1796 ; le Sancy ne sera pas dégagé… Il sera acquis en 1976 par le musée du Louvre.

Ayant aussi appartenu au Roi-Soleil – qui le portait à sa boutonnière – un diamant de couleur «pêche » de 21,32 carats dit le  « Diamant à cinq pans » le plus ancien de cette couleur parvenu jusqu’à nous.

Diamant rose à cinq pans dit Hortensia
Diamant rose à cinq pans dit « Hortensia » – RMN-Grand Palais / Droits réservés


La couleur rose est extrêmement rare parmi les diamants. Il provient très certainement d’Inde car c’était le seul pays producteur de diamants jusqu’en 1725. De nos jours, c’est la mine d’Argyle, en Australie qui produit la majorité des diamants roses à l’échelle mondiale.

Il semblerait que leur couleur soit due à un défaut dans la structure cristalline du diamant.

Ce n’est pas Tavernier, pourvoyeur habituel du roi, qui a rapporté ce diamant à Louis XIV mais un autre marchand d’exception du nom d’Alvarez. Le diamant fut taillé en 1678 dans l’esprit du Diamant Bleu.

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La présence d’une fissure courant du rondiste à la colette est identifiée sur ce diamant depuis son achat.

Ce diamant décora les ganses d’épaulettes de Napoléon Ier. Diamant de la Couronne il est surprenant qu’il fût revenu ensuite à Hortense de Beauharnais (1783-1837), fille de l’Impératrice Joséphine, fille adoptive de Napoléon Ier et mère de Napoléon III, qui le porta au début du XIXème siècle d’où le nom qu’on lui donne parfois de « Diamant Hortensia ». Charles X le porta à son tour et il sera utilisé en dernier lieu sur un grand peigne à pampilles de l’Impératrice Eugénie (1856).

Il avait été initialement attribué au Muséum d’histoire naturelle en 1887, puis a été déposé au musée du Louvre.

Le « Régent » ou le plus beau diamant d’Europe.

4 le Régent
Diamant le Régent – Photo (C) RMN-Grand Palais / Droits réservés



Il provient d’Inde (1698) et fut d’abord acquis dans des circonstances mystérieuses par Thomas Pitt, gouverneur du fort de Madras (1702). Brut, il pesait 410 carats. Thomas Pitt le fit tailler à Londres par le joaillier Harris. Ce dernier mis deux ans pour tailler le diamant en une pierre de 140,64 carats offrant un scintillement et une lumière incomparables.

Il fut présenté à Louis XIV à la fin de son règne mais il ne put l’acheter et il fallut attendre la régence de Philippe d’Orléans pour qu’il soit acquis par la France. Dans ses Mémoires, (Tome 14, chapitre 17) Saint-Simon raconte comment il fit « acheter ce diamant unique en tout » : « Il est de la grosseur d’une prune de la reine Claude, d’une forme presque ronde, d’une épaisseur qui répond à son volume, parfaitement blanc, exempt de toute tache, nuage et paillette, d’une eau admirable, et pèse plus de cinq cents grains. Je m’applaudis beaucoup d’avoir résolu le régent à une emplette si illustre ».

Cet extraordinaire diamant deviendra le symbole de la royauté et sera placé sur la couronne de Louis XV (1722), et de Louis XVI (1775). Engagé par le Directoire, Napoléon Bonaparte le dégagea en Juin 1801. Devenu empereur, Napoléon Ier le fit sertir sur son épée de Premier consul en 1801, sur son épée de sacre en 1804, sur le pommeau du glaive impérial en 1812. Le Régent ornera ensuite la couronne de Charles X en 1825, et enfin le diadème à la grecque de l’impératrice Eugénie.

En 1887, il échappa à la mise aux enchères des joyaux de la couronne et fut donné au Musée du Louvre, qu’il n’a quitté qu’une seule fois depuis, pour être caché au château de Chambord juste avant la seconde guerre mondiale lors d’une première évacuation, en septembre 1938, pendant les accords de Munich.

Dernière pièce à intégrer les diamants de la Couronne avant l’avènement de l’Empire : la couronne de Louis XV dite « couronne personnelle »
C’est celle que le roi porta en la cathédrale de Reims le 25 octobre 1722 au cours d’une grandiose cérémonie religieuse : le jeune monarque n’avait alors que douze ans !

5 Couronne de Louis XV dite couronne personnelle de Louis XV
La couronne personnelle de Louis XV – Photo © Musée du Louvre, Dist. RMN-Grand Palais / Martine Beck-Coppo

Selon la tradition, deux couronnes furent réalisées : la première en or émaillé et la seconde dite « couronne personnelle  » en argent doré et ornée de pierreries.Cette dernière ne servait qu’à l’occasion du Sacre et était déposée à l’abbaye de Saint-Denis  avec les autres regalia (instruments de cérémonie).

Cette couronne était constituée de perles et de pierres précieuses : rubis, saphirs, émeraudes et diamants. Les diamants présents sur la couronne étaient les plus prestigieux du Trésor. Y figuraient le « Régent » acheté quelques années avant le sacre, en 1717, incrusté dans la fleur de lys avant, mais aussi neuf des dix-sept diamants dit les « Mazarins », dont « le Sancy » qui ornait le sommet de la couronne et formait le centre de la fleur de lys. Au total, cette couronne comportait 282 diamants (161 grands et 121 petits), 64 pierres de couleur (dont 16 rubis, 16 saphirs et 16 émeraudes) et 237 perles.
En 1729, à la demande de Louis XV, les perles et les pierres précieuses furent remplacées par des copies.

5 B Portrait de Louis XV, Carle Van LOO (1705-1765) Turquin, experts en tableau
Portrait de Louis XV en habits militaires, Carle Van LOO – Vu chez Turquin, experts en tableaux . http://turquin.fr/ventes.html

 

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