Une épopée historique

Le crépuscule des Diamants de la couronne

A la chute du Second Empire, pendant la guerre de 1870, les joyaux de la couronne furent mis à l’abri sur un bateau de guerre à Brest.  Ils furent exposés deux fois avec succès à Paris : à l’occasion de l’Exposition universelle de 1878, puis en 1884 au Louvre, dans la salle des Etats.

Mais parce qu’ils mêlent les symboles de puissance, de richesse, de prestige du régime monarchique et des deux Empires, les joyaux de la Couronne n’ont guère la faveur des Républicains. Tirant argument de ce que représentent ces joyaux et espérant quelque revenu utile en des temps de fragilité économique, la IIIème République prend une décision radicale : la vente des joyaux de la Couronne.

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Du 12 au 23 mai 1887, les joyaux de la Couronne de France sont donc dispersés aux enchères publiques lors de neuf vacations qui se déroulèrent  au Louvre. Un seul des deux objectifs fut atteint. Financièrement, ce ne fut pas un succès, tout simplement parce que la mise soudaine sur le marché d’une telle quantité de gemmes eut pour principal effet de casser les prix. Symboliquement en revanche, ce fut une réussite : la France fut pour toujours débarrassée de ces encombrants symboles royaux et impériaux que joailliers venus du monde entier et rares particuliers s’arrachèrent. A plus d’un siècle de distance, il est permis de se demander si cette opération ne fut pas un pur et simple désastre sur le plan patrimonial et artistique…

Heureusement, avant cette vente, une commission d’experts avait sélectionné quelques pièces pour leur intérêt historique ou minéralogique et en avait prescrit le dépôt dans trois musées parisiens : le Musée du Louvre, le Musée de Minéralogie de l’Ecole des Mines, le Muséum National d’Histoire Naturelle. Les fragments d’Histoire de France déposés dans ces musées sont d’une valeur inestimable d’un point de vue scientifique, artistique, patrimonial.

18 Catalogue Berthaud Diadèmes deTurquoise
Diamants de la Couronne de France. 1887. Photographie Berthaud. 9, rue Cadet, Paris. Portfolio en tissu contenant 23 épreuves sur papier albuminé, dont deux panoramas (doubles planches), contrecollées sur cartons avec légendes et mentions imprimées. Du 12 au 13 mai 1887, la vente d’une partie des Diamants fut à l’origine de la création de ce portfolio de photographies. (Maison de vente Oger – Blanchet. 30 mai 2012)